Le Crédit Agricole peut réduire son risque de change en Grèce
Athènes ôte une grosse épine du pied au Crédit Agricole. Alors que la situation de sa filiale locale Emporiki lui empoisonne l’existence, les autorités grecques viennent de lui accorder l’accès à l’ELA (Emergency Liquidity Assistance), programme de soutien d’urgence à la liquidité bancaire, mis en place par la banque centrale nationale mais sans être considéré comme une aide d’Etat par la Commission européenne.
Une source interne à la banque verte a confirmé à L’Agefi l’information de Bloomberg tombée vendredi. Mais elle a précisé que l’autorisation s’appliquait à l’ensemble des filiales de banques étrangères. La Société Générale, l’autre établissement français disposant d’un réseau en Grèce à travers Geniki, a indiqué à L’Agefi que sa filiale était également concernée .
Cette mesure soulage surtout le Crédit Agricole. C’est en effet le groupe étranger le plus exposé à la Grèce. S’il s’est largement défait de ses obligations souveraines, les encours de prêts d’Emporiki pèsent encore 23 milliards d’euros. Au premier trimestre, le taux de créances douteuses et litigieuses (CDL) de la filiale s’élevait à 35,9 %, en hausse de 2,4 points par rapport au trimestre précédent.
En outre, Emporiki fait peser un risque de change important au Crédit Agricole en cas de sortie de la Grèce de la zone euro. Une forte dévaluation de la nouvelle drachme pèserait, entre autres, sur la ligne de refinancement qui existe entre Crédit Agricole SA (CASA, la structure cotée du groupe) et sa filiale. Cette ligne, de 5,5 milliards d’euros au dernier trimestre 2011, a été réduite à 4,6 milliards fin mars 2012.
Depuis un an, le groupe a en effet mis en place une politique visant à accroître les ressources propres d’Emporiki et réduire par là même son refinancement auprès de CASA. Dans ce contexte, la collecte de bilan de la filiale a progressé de 570 millions d’euros au premier trimestre.
A l’opposé, l’encours de crédit brut a diminué de 321 millions par rapport au quatrième trimestre 2011. «Sur un an, le financement de Crédit Agricole SA à sa filiale grecque a été réduit de moitié», se réjouissait la banque dans son document de référence actualisé.
Les dirigeants de CASA faisaient pression depuis des mois pour avoir accès à l’ELA. «Ils sont intervenus informellement auprès de Bruxelles, notamment la direction générale des affaires économiques et financières», indique une source proche de la banque.
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