Le Crédit Agricole espère se délester de Cheuvreux cet été
L’avenir de CA Cheuvreux s’écrira bientôt en dehors du Crédit Agricole. La banque verte a engagé un processus de vente de son courtier actions, qu’elle espère conclure d’ici à mi-juillet ou, à défaut, relancer à la rentrée. Si le groupe ne fait pas de commentaires, plusieurs sources ont confirmé à L’Agefi l’existence de discussions. Reuters a révélé vendredi que le groupe a pris langue avec deux ou trois acquéreurs potentiels, dont le français Kepler Capital Markets, à l’offensive dans ce métier.
La perspective d’une cession n’est guère surprenante. Le Crédit Agricole avait planché en 2011 sur le rapprochement de la filiale avec son courtier asiatique CLSA, avant de faire entrer le chinois Citics comme actionnaire minoritaire au capital de l’ensemble. Mais fin mars, le groupe a annoncé de nouvelles négociations pour une vente à 100% du seul CLSA – qui n’a toujours pas abouti – tout en promettant de «nouvelles orientations stratégiques» pour CA Cheuvreux, sorti du périmètre des discussions. La sortie complète de ce métier paraissait inéluctable.
«Sur le plan social, la restructuration s’annonce très lourde», estime un concurrent. L’an dernier, dans le cadre du rapprochement avec CLSA puis Citics, CA Cheuvreux avait envisagé la suppression de 170 postes dans le monde dont 117 en France, pour un effectif de 488 salariés à fin 2011. Le projet ayant capoté, ce plan de départs a été dénoncé. Mais un nouveau programme d’économies est inévitable.
Le métier cash actions connaît en effet depuis des années des difficultés structurelles de rentabilité: la recherche coûte cher, et l’exécution souffre de la baisse des volumes et du dégroupage des prestations. L’an dernier, Cheuvreux a fait perdre 70 millions d’euros à sa maison mère, selon le rapport annuel de CA CIB, pour un produit net bancaire de 164 millions d’euros. Le courtier était déjà dans le rouge en 2010, mais a quadruplé ses pertes en un an.
Difficile dans ces conditions de valoriser la cible. Le coût d’un plan social, et l’identité de celui qui l’assumera – vendeur ou repreneur – constitue un élément-clé des négociations.
Devant les difficultés du métier, plusieurs banques ont jeté l’éponge ces derniers mois, à l’image de RBS. UniCredit a de son côté annoncé un «partenariat» avec Kepler qui équivaut à lui transférer son courtage actions en Europe occidentale et orientale.
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