Le cours du pétrole continue à grimper après de nouvelles frappes

Les Etats-Unis et l’Iran ont attaqué des navires ce week-end dans le détroit d’Ormuz, pesant un peu plus sur le trafic et sur l’approvisionnement en or noir.
Iran  / drapeau iranien sur fond de carte du détroit d'Ormuz
Le détroit d'Ormuz voit habituellement transiter 20% de la production mondiale de pétrole  -  AI generated

Les cours du pétrole ont progressé de plus de 1 dollar le baril lundi, les frappes de représailles mutuelles entre les Etats-Unis et l’Iran visant des navires naviguant dans le détroit d’Ormuz et d’autres zones ayant avivé les craintes d’une perturbation prolongée de l’offre en provenance du Moyen-Orient.

Les contrats à terme sur le baril de Brent ont grimpé de 1,20 dollar, soit 1,25%, à 97,48 dollars le baril en début de matinée, tandis que le brut américain WTI s'établissait à 92,62 dollars le baril, en hausse de 1,14 dollar, soit 1,25%. Le Brent a bondi de 7,8% la semaine dernière et le WTI a gagné près de 10% après la reprise des attaques par les Etats-Unis et l’Iran, entraînant une réduction des flux pétroliers à travers le détroit d’Ormuz, par lequel transitait habituellement un cinquième de l’offre mondiale de brut.

Les forces américaines ont frappé samedi trois pétroliers iraniens, a déclaré le Commandement central des États-Unis (CENTCOM), dont un au large de l'île de Kharg, à proximité du principal terminal d’exportation pétrolière de l’Iran. La marine du Corps des Gardiens de la révolution islamique a affirmé samedi avoir ciblé trois pétroliers qui empruntaient des routes non autorisées dans le détroit d’Ormuz, ainsi que trois autres navires américains dans d’autres zones.

Trafic au plus bas

Les attaques de samedi constituent une «escalade majeure dans le conflit maritime», a estimé la société de renseignement maritime Marisks. «Les navires commerciaux sont désormais délibérément utilisés comme des instruments de pression économique réciproque, ce qui fragilise considérablement la distinction qui prévalait jusqu’alors entre affrontement militaire et navigation commerciale», a-t-elle ajouté. En moyenne, 10 navires de matières premières ont transité chaque jour par le détroit d’Ormuz au cours des 10 derniers jours, soit le niveau le plus bas depuis mai, selon les données publiées lundi par le cabinet d’analyse Kpler.

«Si le trafic de pétroliers commence à ralentir de manière substantielle, le marché pourrait intégrer un choc d’offre bien plus important. Et des signes indiquent déjà que c’est en train de se produire», a précisé Priyanka Sachdeva, responsable de l’analyse de marché chez Phillip Nova. Une zone d’exclusion sera décrétée aux abords du détroit d’Ormuz dans les prochains jours, a déclaré dimanche Mohsen Rezaï, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, selon les médias d'État.

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En parallèle, l’Opep+ a maintenu inchangée sa politique de production pétrolière pour octobre lors d’une réunion dimanche, a indiqué le cartel de producteurs dans un communiqué, devant d’abord s’accorder sur de nouveaux quotas avant de décider de ses prochaines mesures d’ajustement. Une impasse prolongée, rythmée par des actions militaires ciblées de la part des États-Unis et de l’Iran, semble constituer le scénario le plus probable et risque de retarder le retour à un plein rétablissement des flux du Moyen-Orient, ont souligné les analystes d’ANZ dans une note.

«Nous prévoyons dès lors que les exportations resteront contraintes jusqu'à la fin de l’année 2026, avant une réouverture progressive vers la fin du T4 2026», ont-ils déclaré, ajoutant qu’un retour aux volumes de transit d’avant-guerre n’est pas attendu avant la fin du premier trimestre ou le début du deuxième trimestre 2027.

(Avec Reuters)

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