Le Conseil d’Etat conforte la sécurité juridique des LBO
Une telle décision était attendue, mais rassure quand même le petit monde du LBO français. Le Conseil d’Etat, saisi pour la première fois de cette question, a rendu le 27 janvier un arrêt (CE n° 320313 Epoux Bourdon) validant la création d’une holding de rachat motivée par un intérêt économique comme c’est généralement le cas dans ces opérations. En l’occurrence, il s’agissait d’un OBO («owner buy-out», lorsque le propriétaire principal ne change pas dans l’opération) dénoncé depuis un moment par l’administration fiscale qui y voyait l’illustration d’un abus de droit. Un cas extrême puisque le couple d’entrepreneurs concerné avait, en 1998, monté une holding pour racheter, pour 4,5 millions de francs avec un emprunt de 2,5 millions, les titres de sa société informatique sans même faire entrer, comme il est de coutume, un actionnaire minoritaire.
«L’administration fiscale avait remis en cause, non pas l’existence du montage, mais son objectif de chercher à atténuer la fiscalité en soumettant une distribution de dividendes à l’impôt sur les plus-values de cession de valeurs mobilières (16% à l’époque) plutôt qu’à l’impôt sur le revenu», explique Pascal Schultze, du cabinet franco-allemand GGV.
La Haute juridiction a jugé que l’administration n’apportait pas la preuve du caractère artificiel de l’opération. «Elle a considéré que la holding de rachat présentait pour ses associés un intérêt d’ordre financier et patrimonial durable», reprend l’avocat. Concernant l’intérêt financier, le Conseil d’Etat a retenu que la holding a permis d’obtenir un prêt bancaire supérieur garanti par un nantissement des titres de la cible, sans emprunt direct de la société qui aurait pu être inférieur, et sans contrepartie en garanties personnelles.
Sur le plan patrimonial, la holding facilite normalement l’acquisition d’autres entreprises, la liquidité des titres et l’entrée de nouveaux actionnaires. Une autre motivation économique, non prise en compte ici, généralement supérieure aux avantages fiscaux qu’ils soient sur les dividendes ou sur les intérêts de la dette déductibles des résultats (dans le cadre de l’intégration fiscale par ailleurs modifiée par la loi de Finances pour 2011, voir L’Agefi du 14 février). «Même si dans ce dossier très particulier n’impliquant aucun changement d’actionnaire, l’amendement Charasse rend impossible la déduction des intérêts d’emprunt», rappelle Pascal Schultze.
Plus d'articles du même thème
-
David Manlowe (Benefit Street Partners) : « Sur le marché de la dette, les prochaines années révéleront qui se baignait sans maillot »
Directeur général de Benefit Street Partners, filiale spécialisée dans le crédit alternatif de Franklin Templeton, David Manlowe revient pour L'Agefi sur le rebranding mondial de la plateforme et détaille le positionnement d’une maison « maniaquement » ancrée sur le middle market. -
Volkswagen est à nouveau sur la sellette en matière de gouvernance
Après moins d’un an de présence au conseil de surveillance, Susanne Wiegand, ancienne dirigeante du groupe Renk, a décidé de quitter cette instance. -
Les complémentaires santé s'exposent à subir de nouveaux transferts de charges
Convoquées jeudi 18 juin en urgence par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, les fédérations représentatives des organismes complémentaires santé ont été informées de l’intention du gouvernement de procéder au relèvement des tickets modérateurs sur les actes médicaux dès cet été.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
Contenu de nos partenaires
-
Maisons du Monde annonce la signature d’un plan de sauvetage avec deux fonds britanniques
La chaîne d’ameublement et de décoration a annoncé une perte de 406 millions d’euros en 2025. Le plan de sauvetage, porté par les fonds Alteri Investors et Eicos Investment Group, nécessite d’être validé par les actionnaires -
Guinness BookStéphane Le Foll : « Si Olivier Faure poursuit sur sa lancée, le PS peut faire pire qu'en 2022 »
Très critique envers la direction du Parti socialiste, le maire du Mans réunira Raphaël Glucksmann, François Hollande et Bernard Cazeneuve à l'occasion d'un débat, le 27 juin. Pour le Sarthois, « le premier qui assumera clairement sa candidature prendra un avantage décisif » sur ses concurrents pour l'Elysée. -
Espionnage présumé d’une usine française de drones pour la Russie : un homme incarcéré
Un ressortissant biélorusse de 48 ans a été interpellé pendant qu’il filmait un prototype de drone, à l’usine Delair (Haute-Garonne), qui livre des drones militaires à l’Ukraine. Les autorités envisagent l’ombre d’une ingérence russe. L’homme est mis en examen et est en détention