Le Congrès américain est le théâtre d’une impitoyable guerre de tranchées

Le vote du budget reste suspendu à l’accord des républicains de la Chambre des représentants qui réclament le report de la réforme du système de santé
Benoît Menou

Les positions sont bien établies et nul ne semble vouloir bouger le premier. Hier matin, faute de vote par le Congrès du budget fédéral, nombre de services fédéraux aux Etats-Unis n’ont pas ouvert. Le «shutdown» tant redouté a bien eu lieu. Son impact pourrait être important s’il devait durer, mais les esprits sont déjà tournés vers les négociations qui s’annoncent également périlleuses concernant le relèvement du plafond de la dette des Etats-Unis. Faute d’accord cette fois d’ici le 17 octobre, le Trésor pourrait devoir faire défaut sur certains engagements entre le 18 octobre et le 5 novembre.

Les pourparlers sur le budget butent avant tout sur l’opposition des élus républicains de la Chambre des représentants, où ils sont majoritaires, à la réforme du système de santé voulue par Barack Obama et entrée en vigueur hier, appelée «ObamaCare». Le président américain a accusé hier les élus républicains de mener une «croisade idéologique» contre sa réforme de la santé et a appelé les élus à voter sans condition pour permettre au gouvernement de fonctionner. La Maison blanche a vivement rejeté une proposition républicaine de voter au cas par cas le rétablissement du budget de certains services. «Le Congrès, en général, doit cesser de gouverner par crise», a clamé Barack Obama.

Alors que les premiers signes des effets du «shutdown» ont été visibles dès hier matin par la fermeture symbolique par exemple de la Statue de la Liberté, l’impact à plus long terme reste incertain. Le Chicago Mercantile Exchange (CME) par exemple a averti ses clients que l’arrêt de services administratifs pourrait perturber le règlement de certains contrats sur matières premières agricoles, dépendants de statistiques publiques de prix.

Le Département du Travail a également indiqué la suspension des statistiques sur l’emploi. Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a estimé que l’impact de la fermeture des services américains sur l'économie mondiale devrait être limité si elle ne dure pas longtemps, mais que la reprise économique est si fragile qu’il aurait été préférable de l'éviter.

La Bourse de New York n’a pas montré de signes d’inquiétudes hier, le marché semblant miser sur une réouverture prochaine des administrations fédérales. Alors que le Dow Jones a gagné 0,41% en clôture, le S&P 500 s’est adjugé 0,80% et le Nasdaq 1,23%.

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