Le Comité de Bâle veut dissuader les opérations d’arbitrage réglementaire
Halte à l’arbitrage réglementaire ! Le Comité de Bâle a adressé vendredi une mise en garde aux banques qui ne seraient pas assez regardantes sur les protections de crédit qu’elles achètent. «De récentes transactions ont soulevé des inquiétudes parmi les superviseurs», indique le collège des régulateurs bancaires dans un communiqué.
Le Comité s’intéresse aux transactions par lesquelles les banques couvrent leur exposition sur certains risques grâce à des garanties ou à des dérivés de crédit. Problème, certaines d’entre elles auraient souscrit des protections à des prix très élevés, notamment sur des parts résiduelles de titrisations qu’elles conservent à leur bilan, à la seule fin d’économiser immédiatement du capital réglementaire. Personne n’était en mesure vendredi à Bâle de préciser le nombre d’établissements concernés par cette alerte, ni leur pays d’origine.
«Plutôt que de contribuer à une gestion prudente du risque, le premier effet de ces transactions de protection de crédit à coût élevé est de structurer les primes et les commissions pour recevoir à court terme un traitement favorable en capital et décaler sur une longue période de temps la reconnaissance des pertes, sans réduction ou transfert de risque significatif», relève le Comité de Bâle.
Ce dernier cite l’exemple d’opérations où la protection coûte autant que la valeur des tranches de titrisation qu’elle est censée couvrir. Si toutes les activités sont en théorie concernées par ces arbitrages réglementaires, la technique se révèle particulièrement attractive pour les parts de titrisation, dont les régulateurs ont durci le traitement prudentiel. Les tranches les plus risquées peuvent requérir jusqu’à 12,5 fois leur valeur en fonds propres: en couvrant ces expositions, même à vil prix, une banque peut réaliser une économie substantielle de capital.
Le Comité de Bâle exhorte donc les superviseurs bancaires à considérer désormais la nature des protections acquises pour apprécier la solvabilité des banques. Niveau des primes, profil de paiement, pondération en risque des positions couvertes, feront partie des éléments à surveiller. Les banques, elles, «devront attirer l’attention de leur superviseur sur toutes les positions innovantes qui tombent sous le coup de cette recommandation».
Plus d'articles du même thème
-
Otium sort du capital de Dental Company à près de trois fois sa mise
Le gérant tricolore revend à Metric Capital le réseau espagnol de cliniques dentaires, dont il avait pris le contrôle en 2017 auprès du fondateur. -
Les fonds obligataires résistent aux sorties nettes fin juin
Les véhicules axés sur les titres à revenu fixe parviennent à afficher une collecte hebdomadaire de 16,6 milliards de dollars alors que toutes les autres classes d’actifs subissent des sorties nettes, d’après le Flow Show de BofA. -
Le Medef en appelle à la Cour des comptes sur les délais de paiements des acheteurs publics
Ces acheteurs sont particulièrement connus comme mauvais élèves avec des retards moyens en hausse.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
CoincésComment les Néerlandais, et les Européens en général, restent dépendants des Etats-Unis face à la Chine
Tout en critiquant le projet de loi américain qui interdirait aux fabricants chinois de puces électroniques d’accéder aux équipements occidentaux, La Haye vient d'adhérer à la « Pax Silica », l’initiative menée par Washington visant à exclure la Chine des chaînes d’approvisionnement en puces d’IA -
Canicule : Solidays annulé, la Marche des fiertés reportée sur demande du préfet de police
Face à des températures frôlant les 40 degrés à Paris ce week-end, le préfet de police Patrice Faure a contraint les organisateurs de Solidays et de la Marche des fiertés à annuler ou reporter leurs événements, sous peine d'interdiction par arrêté -
Seine colère« Emmanuel Grégoire se trouva fort dépourvu quand la canicule fut venue »
On assiste depuis une semaine à un naufrage dans les écoles parisiennes. Elles n’ont pu garder les enfants l’après-midi parce qu’il faisait 35 degrés dans les salles de classe, parfois davantage. Certes, beaucoup d’établissements scolaires en France connaissent pareille déconvenue durant cette canicule. Mais on n’imaginait pas qu’à Paris, après 25 ans de gestion socialo-écologiste, nous en serions à ce degré d’imprévoyance, d’impréparation et d’improvisation.