Le capital-investissement profite des difficultés de certains hedge funds
Les déboires de plusieurs hedge funds – celui d’AHL, le vaisseau amiral de Man Group est le dernier en date – semblent servir la cause du capital-investissement (ou private equity). A l’occasion de son dernier baromètre, Coller Capital a notamment interrogé 140 investisseurs (ou LP, pour limited partners) internationaux à propos de leur allocation au sein des classes d’actifs alternatifs (hedge funds, immobilier et private equity) au cours des 12 prochains mois.
Si en 2012 la demande pour les fonds d’arbitrage était la plus élevée (26% de l’allocation), elle a reculé en dernière place à 20% pour 2013. «En 2012, les marchés ont réalisé de bonnes performances alors que celles des hedge funds ont été comparativement décevantes», rappelle François Aguerre, associé chez Coller Capital. L’immobilier prend la première place (29%), le capital-investissement consolide sa deuxième position, puisque les intentions d’allocation sont passées de 22% à 25%. «Les hedge funds souffrent également de la comparaison avec le private equity en terme de commissions et de mécanisme d’alignement d’intérêt, même s’ils compensent par la liquidité».
Cela dit, cet intérêt n’exclut pas les rapports de force. Ainsi, les investisseurs n’hésitent pas à faire savoir aux gérants de fonds qu’ils subissent des pressions internes de la part de responsables pour réduire, voire supprimer l’allocation en non-coté, en particulier les fondations (42%) et les fonds de pensions (37%).
Les investisseurs sont cependant nombreux à admettre que les professionnels du private equity ont apporté de la valeur opérationnelle aux sociétés de leur portefeuille depuis l’éclatement de la crise financière: une valeur importante pour 66% des sondés, relative pour 32%. «Ce résultat est une surprise: en résumé, 98% des LP reconnaissent le rôle des gérants dans la rentabilité de leurs investissements, après plusieurs années au cours desquelles l’accent était mis sur l’effet d’une dette abondante et bon marché», explique François Aguerre.
En outre, 76% des sondés considèrent que le Vieux Continent présentera des possibilités d’investissement intéressantes dans les deux ans qui viennent, «signe encourageant alors que les gérants soulignent encore la difficulté de convaincre les investisseurs non européens», insiste l’associé. Mais ces marques d’intérêt se concentrent essentiellement au Nord de l’Europe.
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