Le capital-investissement français s’alarme d’une pénurie de ressources

La baisse des levées de fonds hypothèque l’avenir des acteurs français, selon l’Afic, leur association professionnelle
Amélie Laurin
Capital-investissement : l'Afic présente son bilan 2012 en France - Photo : Fotolia
Capital-investissement : l'Afic présente son bilan 2012 en France - Photo : Fotolia  - 

Le capital-investissement français s’essouffle. «On constate une aggravation de toutes les tendances sur les levées de fonds, les investissements et les désinvestissements», déclare Louis Godron, président de l’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic). L’an dernier, les acteurs français du capital-investissement ont levé 22% de capitaux de moins qu’en 2011, soit 5 milliards d’euros, et le montant de leurs investissements a chuté de 38%, à 6,1 milliards, selon l’enquête annuelle de l’Afic et Grant Thornton dévoilée hier. Après l’embellie de 2011, les chiffres sont un peu moins bons qu’en 2010 mais restent supérieurs au creux de 2009 (3,7 milliards levés et 4,1 milliards investis).

L’Afic n’hésite pas à parler de «pénurie» de ressources, à la fois chez les PME et ETI françaises dont elle estime les besoins de fonds propres à 11 milliards par an, et chez ses adhérents. «Pour 40 % des acteurs français, il reste 9% de fonds disponibles, et pour 40 autres pourcents, il reste 30%. Donc 80 % du capital-investissement doit se poser la question de lever de l’argent», indique Louis Godron.

Reste à trouver des investisseurs. Sous le coup de la crise de la zone euro, des contraintes réglementaires, et des élections et incertitudes fiscales en France, les levées de fonds auprès des banques, assureurs et caisses de retraite ont reculé de 43% l’an dernier. Celles réalisées auprès d’investisseurs étrangers (toutes catégories confondues) ont chuté de 55%. Les extra-européens ont divisé par trois leur allocation et les fonds souverains par plus de deux. Ces mauvais chiffres ne sont pas compensés par la montée des industriels qui ont quadruplé les montants alloués, à 288 millions, et par le secteur public, c’est-à-dire la Caisse des Dépôts, qui a plus que triplé les siens à 862 millions.

Parmi les grandes familles du capital-investissement, le retournement a particulièrement souffert: «il n’y a plus de levées de fonds», pointe Louis Godron. Seule embellie inattendue, le capital-risque a doublé sa collecte, à 1 milliard d’euros, malgré un contexte défavorable aux FIP et FCPI, fonds pour les particuliers en partie défiscalisés.

Mais ce segment du marché a aussi connu sa pire année depuis 2005 en termes d’investissements (400 millions, -21% sur un an). Tous segments confondus, 1.548 entreprises ont été accompagnées, soit 9% de moins, et les réinvestissements sont devenus majoritaires.

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