Le capital-investissement français s’alarme d’une pénurie de ressources
Le capital-investissement français s’essouffle. «On constate une aggravation de toutes les tendances sur les levées de fonds, les investissements et les désinvestissements», déclare Louis Godron, président de l’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic). L’an dernier, les acteurs français du capital-investissement ont levé 22% de capitaux de moins qu’en 2011, soit 5 milliards d’euros, et le montant de leurs investissements a chuté de 38%, à 6,1 milliards, selon l’enquête annuelle de l’Afic et Grant Thornton dévoilée hier. Après l’embellie de 2011, les chiffres sont un peu moins bons qu’en 2010 mais restent supérieurs au creux de 2009 (3,7 milliards levés et 4,1 milliards investis).
L’Afic n’hésite pas à parler de «pénurie» de ressources, à la fois chez les PME et ETI françaises dont elle estime les besoins de fonds propres à 11 milliards par an, et chez ses adhérents. «Pour 40 % des acteurs français, il reste 9% de fonds disponibles, et pour 40 autres pourcents, il reste 30%. Donc 80 % du capital-investissement doit se poser la question de lever de l’argent», indique Louis Godron.
Reste à trouver des investisseurs. Sous le coup de la crise de la zone euro, des contraintes réglementaires, et des élections et incertitudes fiscales en France, les levées de fonds auprès des banques, assureurs et caisses de retraite ont reculé de 43% l’an dernier. Celles réalisées auprès d’investisseurs étrangers (toutes catégories confondues) ont chuté de 55%. Les extra-européens ont divisé par trois leur allocation et les fonds souverains par plus de deux. Ces mauvais chiffres ne sont pas compensés par la montée des industriels qui ont quadruplé les montants alloués, à 288 millions, et par le secteur public, c’est-à-dire la Caisse des Dépôts, qui a plus que triplé les siens à 862 millions.
Parmi les grandes familles du capital-investissement, le retournement a particulièrement souffert: «il n’y a plus de levées de fonds», pointe Louis Godron. Seule embellie inattendue, le capital-risque a doublé sa collecte, à 1 milliard d’euros, malgré un contexte défavorable aux FIP et FCPI, fonds pour les particuliers en partie défiscalisés.
Mais ce segment du marché a aussi connu sa pire année depuis 2005 en termes d’investissements (400 millions, -21% sur un an). Tous segments confondus, 1.548 entreprises ont été accompagnées, soit 9% de moins, et les réinvestissements sont devenus majoritaires.
Plus d'articles du même thème
-
Fitch abaisse la perspective de la France
Dans une décision surprise intervenue vendredi soir en dehors du calendrier habituel, l'agence de notation indique ne pas croire à une réduction du déficit en 2027. -
Gare au short squeeze
Retrouvez comme chaque semaine l'analyse du marché des changes de DeftHedge. -
Monaco sort de la liste grise du Gafi
La décision récompense un ensemble de mesures prises par la principauté depuis 2024, date de son inscription sur la liste des pays placés sous surveillance renforcée.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
Contenu de nos partenaires
-
Mise au point« La trêve hivernale n’oblige pas le bailleur à attendre le 1er avril pour agir »
La trêve hivernale, qui débute ce dimanche 1er novembre, est l'occasion de faire le point sur certaines idées reçues avec Emmanuelle Taupin-Mayor, commissaire de justice à Istres (PACA) et membre du bureau de la Chambre nationale. -
« C’est un changement de paradigme » : l’IA, nouvelle arme des entreprises face aux attaques automatisées
La publication des failles du langage PHP la semaine dernière oblige les entreprises à repenser leur cyberdéfense. Pour se défendre contre les attaques optimisées par l'IA, la solution serait... l'IA -
Crise politique en Pologne : le président du Tribunal constitutionnel écarté
L'accès au Tribunal constitutionnel est barré par des policiers antiémeute à la suite de la suspension de Bogdan Swieczkowski, son président, par le gouvernement. Vendredi, dans la soirée, Karol Nawrocki, le chef de l’Etat (PiS), s'est rendu sur place