Le capital-investissement français revendique son effet anticrise
Alors que l’Insee a fait état de nouvelles destructions de postes dans le secteur marchand au troisième trimestre, les professionnels du capital-investissement mettent en avant leur bilan en annonçant un record de créations d’emplois en 2012.
L’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic) a publié hier son étude annuelle relative à l’impact économique et social du métier, avec Ernst & Young. Les effectifs nets des 2.790 entreprises françaises en portefeuille dont les chiffres étaient disponibles ont progressé de 79.667 salariés en 2012. Plus précisément, 28% de ces sociétés ont vu leurs effectifs se contracter de 35.000 emplois, mais les autres en ont créé 115.000. Dans le même temps, le secteur marchand dans son ensemble avait détruit 99.500 emplois.
«Voir 15.035 créations nettes dans l’industrie et la chimie, où au total 30.000 emplois ont été détruits selon l’Insee en 2012, est un réel motif de satisfaction», se réjouit Louis Godron, président de l’Afic. L’emploi a surtout progressé dans les portefeuilles de capital-risque (+13%), moins dans le capital-développement (+5,2%) et le capital-transmission (+3%). L’Afic revendique son rôle dans l’économie réelle des régions: 55% des 2.790 sociétés sont des PME, 19% des TPE et 24% des ETI.
Concernant le chiffre d’affaires, les revenus des entreprises en portefeuille ont également progressé de 4%, contre une croissance du PIB nominal de 1,5% et des entreprises composant l’indice CAC Mid & Small de 0,5%. «Ces chiffres sont convenables, mais pas très bons comparés à ceux dont nos entreprises ont l’habitude», tempère Louis Godron. En effet, les chiffres d’affaires avaient en moyenne progressé de 6,8% en 2011 et 7,2% en 2010 (contre une croissance du PIB nominal de 3,3% et 2,7%).
Parmi les raisons expliquant l’écart entre l’économie et les sociétés en portefeuille, l’Afic assume un travail de sélection. «Orienter les capitaux vers les entreprises à potentiel fait partie de notre métier», rappelle Louis Godron. Mais la limite de l’exercice tient au fait que l’Afic dépend des réponses transmises par ses membres. Les 2.790 entreprises analysées représentent 57% des 4.917 entreprises françaises en portefeuille des fonds. Une proportion loin d’être exhaustive, certaines firmes emblématiques n’ayant pas répondu.
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