Le CAC 40 s’offre un record bien symbolique
La Bourse de Paris a réussi un coup double symbolique la semaine dernière. L’indice CAC 40 a non seulement battu son record de septembre 2000 mais il a aussi franchi vendredi la barre des 7.000 points, progressant de 0,76%, à 7.040,79 points, grâce notamment aux créations d’emplois supérieures aux attentes aux Etats-Unis en octobre, portant ses gains depuis le début de l’année à 27%. Toutefois ces records sont bien symboliques.
D’une part, l’indice parisien avait déjà dépassé depuis bien longtemps son record vieux de 21 ans. «Le CAC 40 est bien au-delà de ces niveaux depuis longtemps si l’on prend en compte les dividendes», souligne Jérémy Tubiana, responsable ETF France chez Lyxor AM. L’indice est en fait à près de 20.000 points en les intégrant et a dépassé les niveaux de 2000 dès 2007. Cela explique pourquoi d’autres benchmarks en Europe, qui intègrent les dividendes, ont dépassé leurs plus hauts historiques avant le CAC 40.
Changements de composition
Par ailleurs, la composition de l’indice a fortement changé en deux décennies, ce qui rend difficile les comparaisons. Les valeurs du luxe - LVMH, L’Oréal et Hermès sont devenues les trois plus grosses capitalisations de l’indice, devant Sanofi et Total. Dans le même temps, le segment technologique est nettement moins représenté qu’à l’époque de la bulle internet. Sans compter que l’environnement de taux n’est pas le même non plus.
Ce record est aussi symbolique parce que l’indice CAC 40 n’est plus une référence pour les investisseurs, en tout cas institutionnels. Les particuliers gardent toujours un certain attachement à l’indice tricolore. «Il reste l’indice phare des investisseurs français particuliers, reconnaît Jérémy Tubiana. C’est un élément tangible avec des entreprises qu’ils connaissent.» Chez Lyxor AM, l’ETF CAC 40 reste le plus grand sur cette exposition en Europe avec 4 milliards d’euros d’encours (sur plus de 28 milliards d’exposition sur les actions européennes dans les ETF Lyxor) devant les indices Euro Stoxx 50 (près de 4 milliards) et Stoxx 600 (3,2 milliards). «La gestion privée est également attachée à ces indices domestiques, ajoute Benjamin O’Dwyer, stratégiste chez SPDR ETF. Mais ils sont moins populaires que les indices larges paneuropéens parmi les institutionnels».
Approche globale des investisseurs
Les institutionnels ont adopté depuis plusieurs années une approche plus globale de leur investissement, favorisée en Europe par l’euro et la politique monétaire menée par la Banque centrale européenne. «Les indices nationaux sont aujourd’hui moins représentatifs de l’investissement», confirme Emmanuel Cau, stratégiste actions chez Barclays.
Les investisseurs ont rarement un biais domestique en Europe car les indices nationaux n’offrent pas un univers d’investissement très large. Le CAC ou le Dax ne sont composés que de 40 valeurs qui ne représentent pas l’économie européenne. «Avec l’euro, qui a gommé le risque lié à la devise, et l’action de la BCE ces dernières années, qui a rendu les marchés plus homogènes, les investisseurs ont été incités à avoir une approche paneuropéenne, souligne Emmanuel Cau. Sur les marchés, tout le monde connaît les niveaux de l’Euro Stoxx 50 ou du Stoxx 600, pas forcément des indices domestiques.»
Mandats domestiques rares
Les mandats des investisseurs sont rarement domestiques mais paneuropéens. Les expositions sur les ETF en Europe en témoignent. Ainsi, les actifs sous gestion sur le CAC 40 s’élèvent à 6 milliards de dollars (5,2 milliards d’euros) et à 16 milliards pour le Dax 40 (la pénétration des ETF sur le marché allemand est plus forte que sur le marché français), indique Benjamin O’Dwyer. L’Euro Stoxx 50 atteint 34 milliards et le MSCI Europe 19 milliards. L’indice Euro Stoxx bénéficie d’une antériorité sur le marché ainsi que de la forte liquidité sur les marchés de dérivés.
Le marché britannique fait toutefois exception, notamment parce qu’il a sa propre monnaie. «Pour les investisseurs britanniques, le FTSE-100 est un indice important car beaucoup de fonds ont des mandats domestiques», poursuit le stratégiste de Barclays. Une situation encore plus marquée depuis la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.
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Israël poursuit ses frappes au Liban, qui ont fait au moins 380 morts depuis la trêve
Beyrouth - L’armée israélienne a poursuivi mardi ses frappes au Liban, tuant dans le sud 13 personnes, qui viennent s’ajouter aux 380 morts depuis l’instauration du cessez-le-feu le 17 avril, selon les autorités. Alors que le Liban se prépare à de nouvelles négociations avec Israël jeudi à Washington, le chef du Hezbollah pro-iranien, qui s’y oppose fermement, a affirmé que le désarmement de sa formation ne faisait pas partie des discussions et a promis de transformer «en enfer» la bataille avec l’armée israélienne. Celle-ci a indiqué avoir conduit une opération dans la zone du fleuve Litani et a mené mardi une frappe ayant tué deux secouristes à Nabatiyé (sud), où ils effectuaient une intervention, a annoncé la Défense civile. Le ministère de la Santé a confirmé la mort des deux secouristes qu’il a inclus dans un bilan de 13 morts, dont un soldat et un enfant, dans des frappes israéliennes ayant visé trois localités dans le sud du pays. «Une frappe sur la ville de Nabatiyé a fait cinq (morts) dont deux secouristes de la Défense civile et deux blessés», une autre dans la localité de Jebchit a fait quatre morts «dont un soldat et un ressortissant syrien», et douze blessés, et une troisième à Bint Jbeil a tué «quatre citoyens dont un enfant et une femme», et blessé deux autres, a indiqué le ministère. «Depuis le cessez-le-feu, 380 personnes ont été tuées et 1.122 blessées», a annoncé plus tôt le ministre de la Santé, Rakan Nassereddine, faisant état de 108 personnels de santé et secouristes tués depuis le début de la guerre. Plus de quatre enfants ont été tués ou blessés chaque jour en moyenne durant les 25 premiers jours de la trêve, a indiqué l’ONG Save The Children. Au total, les frappes israéliennes ont tué 2.882 personnes depuis le début de la guerre, dont 200 enfants, selon le ministère de la Santé. D’après le Hezbollah, ce bilan inclut ses membres tués. Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans la guerre régionale en attaquant Israël pour venger la mort du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tué au premier jour de l’offensive israélo-américaine contre Téhéran, le 28 février. Israël a répondu en menant des frappes massives et une opération terrestre dans le sud. «Nous ne nous rendrons pas» Beyrouth a demandé aux Etats-Unis de faire pression sur leur allié israélien pour qu’il mette fin à ses frappes. Le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des positions militaires israéliennes, y compris en Israël, aux frontières avec le Liban. «Nous ne nous rendrons pas», a affirmé le chef de l’organisation, Naïm Qassem. «Les armes et la résistance ne concernent personne hors du Liban (...) C’est une question libanaise intérieure qui ne fait pas partie des négociations avec l’ennemi», a-t-il ajouté. Dans un communiqué annonçant la reprise des négociations jeudi, le département d’Etat américain avait affirmé que la paix entre le Liban et Israël «dépendait du rétablissement complet de l’autorité de l’Etat libanais (sur son territoire) et du désarmement total du Hezbollah». Washington fait pression pour que les discussions aboutissent à un accord de paix, alors que Beyrouth veut d’abord consolider le cessez-le-feu et obtenir le retrait d’Israël du Liban. Après l’entrée en vigueur de la trêve, l’armée israélienne a établi en territoire libanais une «ligne jaune» à une dizaine de km de la frontière. Elle a indiqué mardi qu’au cours de la semaine écoulée, ses soldats avaient mené une «opération spéciale visant à retirer des infrastructures terroristes dans la zone du Litani». Interrogée par le bureau de l’AFP à Jérusalem, l’armée israélienne a indiqué ne pas pouvoir confirmer si les soldats avaient franchi le fleuve Litani, à une trentaine de km de la frontière, mais a publié des photos montrant des soldats marchant sur un pont le traversant. © Agence France-Presse