Le changement de ton notable de la Réserve fédérale américaine, fin novembre, promet d’avoir sur les marchés financiers des effets plus profonds et durables que la trêve commerciale incertaine signée entre la Chine et les Etats-Unis. Les observateurs en ont aussitôt conclu que les déclarations plus conciliantes de Jerome Powell, le président de la Fed, devaient beaucoup aux vociférations de Donald Trump, jamais avare de critiques à l’égard d’une institution qu’il accuse de remonter trop vite ses taux. C’était oublier un peu vite la seconde partie du discours du banquier central, accompagnant la publication, pour la première fois, d’un rapport de stabilité financière. Jerome Powell y pointait du doigt l’endettement excessif d’un certain nombre d’entreprises américaines, qui expose ces dernières au risque de faillite en cas de récession, et leurs créanciers à de lourdes pertes.
La Fed sait d’expérience que les banques centrales ont tendance à relever leurs taux directeurs trop tard, puis à persévérer dans cette voie alors que l’économie flanche. Son souhait de ne pas durcir trop violemment les conditions financières, en infléchissant le rythme de son resserrement monétaire ou de réduction de son bilan, se comprend donc aisément. Aujourd’hui comme en 2007, la tempête guette des marchés de crédit enivrés par des années d’abondance. Les injections massives de liquidités des grandes banques centrales ont soufflé les niveaux de levier dans la classe d’actifs obligataire. Chassés par les taux zéro, les gestionnaires se sont rués vers des instruments de moins en moins négociables – dette subordonnée bancaire ou placements privés, dont les rendements juteux des premiers temps ont laissé place à des rémunérations tout juste en ligne avec le risque pris. L’argent y coule à flots au gré des levées de fonds (lire aussi l’entretien page 6), mais ces compartiments n’ont pas encore passé l’épreuve des refinancements et d’une fin de cycle économique. Or les réglementations adoptées dans la foulée de la crise financière n’ont fait qu’augmenter la probabilité d’un choc de liquidité : les banques ont réduit leurs stocks, amplifiant d’autant les sautes d’humeur d’un marché qui a toujours brillé par son opacité.
Déjà des fissures apparaissent dans la cuirasse. De part et d’autre de l’Atlantique, des empires industriels bâtis à coups de dette sont sommés de maigrir. Des émetteurs voient leur accès au marché se refermer brutalement. Les rendements s’écartent à nouveau, en particulier pour les signatures les plus fragiles. Que les perspectives bénéficiaires des entreprises se dégradent encore, que l’aléa politique se renforce comme en Italie, et le réveil amorcé en cette fin d’année prendra un tour plus brutal. Mais cette sobriété forcée offrira aussi de belles affaires aux investisseurs aguerris qui ont résisté à l’ivresse de l’argent facile.
L’inflation a faibli en juillet pour le deuxième mois consécutif à 3,4%. La composante sous-jacente diminue également à 2,5%. Des chiffres bien accueillis par les marchés qui renforcent l’idée d’un maintien des taux par la Fed en septembre.
La probabilité d’une hausse de taux comme d’un statu quo en septembre est de 50%, alors que le rebond du pétrole a relancé les craintes d’une inflation persistante malgré un marché du travail au ralenti aux Etats-Unis. Les investisseurs scruteront l’inflation de juillet, publiée ce mercredi.
Après Alphabet sur le marché obligataire, Intel a bouclé une levée de 20 milliards de dollars à Wall Street. Ils ont tous deux profité d’une fenêtre de marché favorable après la correction de juillet. Nvidia a annoncé un accord de 500 milliards avec plusieurs fonds.
Jakarta a inauguré le 10 août ses premiers ETF adossés à de l'or physique, un pari sur une classe d'actifs dont les encours mondiaux ont franchi les 559 milliards de dollars en 2025.
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DECRYPTAGE. Le Conseil constitutionnel a décidé de censurer la loi d'interdiction des réseaux sociaux aux adolescents de moins de quinze ans, estimant qu'elle portait une atteinte disproportionnée à la liberté d'expression