Laurence Parisot prend la présidence de Citi en France
Depuis le départ de Charles-Henri Filippi chez Lazard fin 2017, Citi cherchait une nouvelle figure du monde des affaires français pour prendra la tête de son antenne parisienne. C’est chose faite avec le recrutement de Laurence Parisot, annoncé ce soir en interne. L’ancienne patronne de l’Ifop, qui a présidé le Medef de 2005 à 2013, devient présidente de la banque américaine Citi en France.
«Nous nous réjouissons de l’arrivée, à la tête de notre banque en France, de Laurence Parisot, l’une des femmes dirigeantes les plus distinguées en France, déclare Luigi de Vecchi, président de l’Europe continentale chez Citi, cité dans un communiqué. Avec une équipe récemment renforcée dans les activités CIB (corporate and investment banking, ndlr) et M&A (fusions-acquisitions, ndlr), Citi est désormais bien armée pour poursuivre avec succès son développement en France et offrir le meilleur à nos clients.»
«Dans le cadre de ses fonctions, et en tant que managing director, Laurence Parisot apportera à Citi sa connaissance approfondie des entreprises privées et publiques, au service à la fois des grands clients de la banque en France et du rayonnement de Citi en Europe», précise le groupe américain. Cette incursion dans le monde de la banque n’est pas une première pour cette avocate de formation, qui siège aux conseils d’administration d’EDF, de Fives et de Foxintelligence. Par le passé, elle a été administratrice de BNP Paribas et de Coface.
Le recrutement de Laurence Parisot intervient à un moment clé pour Citi, qui veut compter autant que Goldman Sachs ou Morgan Stanley sur la Place parisienne. Malgré plusieurs départs cette année et la perte du mandat de la privatisation d’ADP, confié à Lazard, «nos investissements dans les fusions-acquisitions commencent à payer depuis 12-18 mois et nous continuons à renforcer notre dispositif, explique à L’Agefi Mathieu Gelis, senior banker et directeur général de Citi en Fance. Luigi de Vecchi, président de CIB pour l’Europe continentale, va bientôt quitter Milan pour s’installer à Paris. Nous allons aussi accueillir mi-octobre Grégoire Haemmerlé et Pierre Drevillon, qui quittent UBS pour prendre en charge respectivement le CIB et le M&A de Citi en France. Valéry Barrier, récemment promu co-responsable ECM (marchés primaires actions, ndlr) pour l’Europe et Nicolas Desombre, nommé responsable investment banking FIG (institutions financières, ndlr) pour l’Europe sont eux aussi basés à Paris.» Actuellement, Citi conseille le réassureur Scor, dont le mutualiste Covéa souhaite prendre le contrôle. La banque accompagne aussi Atos dans le rachat de Six Payment et Essilor dans sa méga-fusion au long cours avec Luxottica.
En dehors du M&A, où elle affiche une part de marché de 5,4% dans l’Hexagone à fin septembre selon les données Dealogic, Citi revendique aussi 15% du marché français de l’ECM et la première place parmi les banques étrangères dans le DCM (émissions de dette) sur l’investment grade.
Après 112 ans de présence en France et à l’approche du Brexit, la banque américaine compte aussi faire de Paris sa tête de pont en Europe, au côté de Francfort. 150 à 250 salariés pourraient être transférés de Londres vers les places fortes d’Europe continentale. «Nous comptons 170 personnes en Franc et allons être amenés à continuer d’augmenter nos effectifs du fait de la croissance de notre franchise ainsi que de l’impact du Brexit qui va conduire à des transferts de Londres vers Paris», indique Mathieu Gelis. La salle de marché parisienne, actuellement succursale de Londres, devrait devenir une succursale de Francfort. Les activités bancaires françaises sont quant à elles déjà régulées par la Banque centrale européenne car rattachées à la filiale irlandaise du groupe.
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