L’association des banques japonaises place son taux interbancaire sous surveillance
L’Association japonaise des banques (JBA) poursuit ses «efforts pour renforcer la crédibilité et la transparence» de son taux interbancaire créé en 1995, le Tibor (Tokyo interbank offered rate). Le sujet secoue la planète financière du fait de scandales de manipulations sur les taux de référence frappant particulièrement l’équivalent londonien du Tibor, le Libor, et ayant provoqué des discussions quant aux remèdes à apporter jusqu’au sein d’institutions internationales telle la Commission internationale des commissions de valeurs (OICV). Ces affaires ont d’ores et déjà entraîné des amendes de 2 milliards d’euros environ infligées à UBS, Barclays et RBS. Vendredi, l’association nippone a dévoilé un rapport d’étape du comité de travail mis en œuvre en avril.
Sans attendre, comme elle le souligne, la conclusion des négociations internationales, l’association bancaire a décidé de sortir du bois en conservant tout de même des marges de manœuvre, face notamment aux règles de supervision attendues dans quelques semaines de la part de l’OICV.
La JBA annonce ainsi une révision de ses règles de gouvernance applicables aux banques et regroupées dans un «code de conduite» définissant les règles devant être respectées pour la soumission des taux. L’association va en outre modifier son organisation interne afin de mieux isoler le sujet du Tibor et créer un «comité indépendant de supervision». Elle fait vœu de recourir à des audits externes concernant l’administration du taux. La JBA réfléchit également à une réduction du nombre de maturités, au nombre de treize aujourd’hui pour les taux en yen et euroyen. Les modalités et le calendrier de cette évolution seront fixés après concertation avec les utilisateurs.
Quinze banques de référence sont aujourd’hui contributrices pour déterminer le Tibor libellé en yen, et quatorze pour l’euroyen. Après que RBS a jeté l’éponge en avril dernier sur des soupçons de manipulation, seules trois banques non-japonaises sont actives, BNP Paribas (dans les deux panels), Deutsche Bank et JPMorgan (pour l’euroyen). Quand bien même l’association des banques japonaises a indiqué que sa revue des pratiques en cours l’an dernier n’avait pas permis de déceler de comportement suspect, le régulateur avait déjà suspendu temporairement début 2012 les activités de trading de Citigroup et d’UBS soupçonnées de tenter d’influencer le système.
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