L’appétit de financement des collectivités par les assureurs ne se dément pas
La constitution de la Société de financement local (Sfil) ou de l’agence des collectivités locales n’a pas ralenti l’intérêt des régions, des départements ou des villes pour les émissions obligataires par placement privé. Ces dernières profitent pleinement de l’appétit toujours aussi fort des investisseurs institutionnels pour ces titres.
«Compte tenu d’importantes liquidités dans un environnement de taux très bas, les assureurs et caisses de retraites sont nombreux à s’interesser aux émissions des collectivités locales. D’autant que pour un niveau de risque maîtrisé, ils obtiennent de bons spreads par rapport aux obligations du Trésor», explique Jérôme Pellet, directeur marché de dette et de capitaux chez HSBC, qui vient de réaliser deux récentes opérations pour les régions Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Paca) et Nord-Pas-de-Calais. Selon lui, la difficulté consiste plus aujourd’hui à répondre à la demande de ces investisseurs et donc à trouver de bons émetteurs.
Quatorze collectivités ont émis des obligations depuis le début de l’année, pour la plupart réservées à une poignée d’investisseurs institutionnels, voire à un seul, comme dans le cas de Paca. Plusieurs «primo émetteurs» pourraient s’aventurer sur ce marché dans les prochaines semaines, comme l’avait fait l’an dernier par exemple le département de l’Oise. Une fois connus des investisseurs les émetteurs peuvent alors plus facilement revenir sur le marché.
Selon Jérôme Pellet, «la gestion du crédit in fine est relativement nouvelle pour ce type d’émetteurs qui doivent apprendre à gérer les pics de remboursements. Les émissions sont donc souvent découpées en plusieurs tranches, réparties dans le temps, afin de lisser les échéances». La récurrence permet également d’obtenir de meilleures conditions de financement. En quelques mois, la région Paca a ainsi réussi à resserrer le spread par rapport à l’OAT de 85 à 29,5 points de base.
A la différence des émetteurs corporate, les collectivités locales optent en règle générale pour une notation avant de réaliser leur placement privé. Notamment pour des raisons de coûts. Selon le niveau de notation implicite et la maturité de l’émission, une collectivité locale non notée risque de devoir s’affranchir de 150 à 250 points de base supplémentaires.
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