L’AMF réclame une sanction de 25 millions d’euros contre Morgan Stanley
Le sujet est sensible. Morgan Stanley comparaissait ce matin devant la commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers (AMF) pour des faits de manipulation de marché sur des obligations souveraines françaises et belges ainsi que sur des contrats futures sur des obligations françaises et allemandes.
Les faits reprochés ont eu lieu le 16 juin 2015. Selon le rapport d’enquête de l’AMF, Morgan Stanley aurait fait monter artificiellement le cours des OAT physiques en intervenant sur différents marchés à terme dans le but de limiter ses pertes sur une opération perdante. Ces manipulations auraient permis à la banque un gain (une économie de perte, plus exactement) compris entre 1,5 et 5 millions d’euros selon le périmètre des manquements pris en compte par le régulateur.
Lors de cette audition contradictoire, le collège de l’AMF a requis une amende record de 25 millions d’euros contre la banque, soulignant que Morgan Stanley, du fait de son statut de spécialiste de valeur du trésor (SVT), est en charge de la liquidité du marché des obligations souveraines françaises.
L’AMF a également souligné le caractère exceptionnel de l’affaire car c’est la première fois qu’elle est confrontée à une manipulation de cours utilisant la corrélation existant entre plusieurs instruments liés, en l’occurrence les futures sur OAT et les OAT physiques.
De son côté, la banque, par la voix de ses avocats, réfute vigoureusement les faits, assurant même que « le dossier ne repose sur aucun élément tangible qui démontre l’existence d’une manipulation de cours ». Morgan Stanley explique qu’elle n’a pas manipulé le marché mais a seulement essayé de « gérer au mieux une situation déficitaire ».
Une bataille d’experts est engagée afin de déterminer si cette manipulation a réellement eu lieu. Si c’était le cas, et si les réquisitions de la commission des sanctions étaient suivies, ce serait l’amende la plus importante infligée par l’AMF pour de tels faits.
Plus d'articles du même thème
-
Les taux élevés menacent les actions
La fièvre récente sur les emprunts d'Etat est de nature à rebattre les cartes des allocations. Les marchés taux et des actions offrent des perspectives différentes, mais la hausse des rendements obligataires rend les places boursières, bien valorisées et stimulées par l'IA, plus vulnérables. -
Le marché du crédit témoigne de sa résistance
Les spreads des obligations d’entreprises sont revenus à leurs niveaux d’avant le conflit au Moyen-Orient, soutenus par une forte demande de rendement. L’offre importante de papier sur le marché primaire pourrait peser sur les marges de crédit. -
TP lance une opération de refinancement obligataire
L'ex-Teleperformance a l'intention d'émettre, sous réserve des conditions de marché, de nouvelles obligations senior afin d'optimiser sa structure de dette.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
Contenu de nos partenaires
-
Défaite judiciaire d'Elon Musk : un boulevard pour OpenAI et Sam Altman
Le jury fédéral d'Oakland a statué : déposée trop tard, la plainte d'Elon Musk est irrecevable. Le dernier obstacle à l'entrée en Bourse d'OpenAI est levé -
Rencontre Xi-Trump : la Chine impose un nouveau rapport de force
Le sommet entre les présidents américains et chinois à Pékin a acté l’émergence d’une « co-hégémonie » des deux pays sur le monde -
La Fabrique de l'Opinion« Ce qui se joue aujourd'hui avec les wokismes de gauche et de droite, c'est une contestation de la légitimité du débat démocratique »
Thibault Muzergues, essayiste libéral-conservateur, analyse la façon dont une frange de la droite adopte les méthodes qu'elle reproche à la gauche et appelle les libéraux à sortir de l'ambiguïté.