L’AMF hausse le ton sur la révision de la directive MIF
A l’occasion des entretiens de l’Autorité des marchés financiers (AMF), son président, Jean-Pierre Jouyet, a haussé le ton sur la révision en cours de la directive Marchés d’instruments financiers (MIF): «Les réponses apportées ne sont pas toujours à la hauteur des enjeux».
En matière de transparence, MIF a conduit à un glissement des transactions des plates-formes multilatérales transparentes vers des plates-formes opaques, rappelle le patron de l’AMF. Et aujourd’hui «nous rejouons la même scène», avec la création des nouvelles plates-formes OTF, s’insurge Jean-Pierre Jouyet, demandant un renforcement des exigences de transparence, et une consolidation de l’information post-négociation sur les transactions effectuées. Face au développement du trading à haute fréquence, l’autorité européenne des marchés financiers (ESMA) doit avoir «la possibilité de fixer des règles précises, notamment sur les temps de latence ou les tarifs appliqués par les plates-formes».
Alors que la priorité doit être donnée au financement de l’économie, l’AMF s’inquiète aussi de l’incidence des normes comptables, qui privilégient aujourd’hui les valeurs de marché, et prône le recours à des modes de valorisation alternatifs.
De plus, les nouvelles normes prudentielles vont conduire les établissements financiers à réduire leur volume de crédits à l’économie. «Je crains que les moyens [des PME] soient amputés à partir de maintenant», s’inquiète Gérard Mestrallet, PDG de GDF-Suez et président de Paris Europlace. Alors que les PME se financent à 92-95% en crédit bancaire, «on s’est engagé à aider les entreprises à se financer, ajoute Dominique Cerutti, directeur général adjoint de Nyse Euronext. Nous aiderons les PME avec des levées de capitaux moins coûteuses».
Gérard Mestrallet attend également les mesures qui seront proposées par le rapport Giami-Rameix sur le financement des PME cotés, et espère aussi des solutions alternatives comme des groupements de sociétés pour émettre plus facilement. Dans ce contexte, Lionel Zinsou, PDG de PAI Partners mise sur un fort développement du compartiment de la dette primaire et secondaire, et anticipe dès l’année prochaine l’émergence de fonds de dettes pour LBO, qui ne seront pas du high yield et bénéficieront d’un moindre effet de levier. Toutefois, politiques et régulateurs accepteront-ils de tels financements, vraisemblablement par les pays d’Asie et du Moyen-Orient ?
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