L’Allemagne soutient le marché des LBO en Europe
Dans un marché européen des acquisitions à effet de levier (LBO) qui sort à peine de sa léthargie post-crise financière, l’Allemagne tire l’activité. Deux opérations y ont eu lieu coup sur coup ce mois-ci: l’acquisition de CeramTec par Cinven pour un total de 1,49 milliard d’euros et, pas plus tard qu’hier, celle du géant de l’édition Springer Science & Business Media par BC Partners, pour un montant encore plus important (3,3 milliards d’euros de valeur d’entreprise). Les vendeurs, EQT Partners (actionnaire à 82%) et le fonds de Singapour GIC, devraient conserver une participation minoritaire dans la société.
Même si une partie des 3,3 milliards d’euros dépendra des résultats futurs de Springer (entre 200 et 300 millions selon des sources citées par Reuters), ce LBO est le plus important en Allemagne depuis l’acquisition de Kion par KKR en 2006, pour 4 milliards d’euros. Une telle somme a pu être atteinte notamment parce qu’EQT et GIC ont préparé en parallèle une introduction en Bourse de Springer. Cette technique, appelée dual track, est parfois utilisée pour faire monter le prix de vente, pour peu qu’il y ait une demande des investisseurs actions.
Selon plusieurs sources citées par les agences de presse, la dette d’acquisition aurait été arrangée par Barclays, Credit Suisse, Goldman Sachs, JPMorgan, Nomura et UBS. Elle représenterait 2,5 milliards d’euros, soit un levier supérieur à 75%. Une proportion que l’on a peu vue ces dernières années.
Cette opération confirme le redressement du marché allemand, qui avait souffert de la raréfaction des financements à partir de 2008. Selon les statistiques compilées par le bureau d’études Private Equity Intelligence (Preqin) pour L’Agefi, les trois LBO les plus importants annoncés à ce jour en 2013 ont eu lieu en Allemagne – l’acquisition d’Ista par CVC Capital Partners constituant le deuxième, à 3,1 milliards d’euros. Toujours selon Preqin, le montant total des LBO allemands avait chuté de 15,2 milliards d’euros en 2007 à 3,5 milliards en 2009, avant de remonter jusqu’à 8,4 milliards en 2012. Depuis le début de l’année 2013, le montant atteint déjà 9,3 milliards d’euros.
Signe que les acquéreurs et les banquiers sont devenus plus audacieux, le montant moyen des LBO a fortement augmenté: 32 acquisitions ont été réalisées en 2013. Le premier semestre 2012 avait vu 36 opérations, mais pour un montant total trois fois moindre.
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