L’Agence France Locale accélère en vue de sa première émission fin 2014
Discrète durant les élections municipales, l’Agence France Locale (AFL) a repris ces dernières semaines ses contacts tous azimuts avec les collectivités, les investisseurs, les agences de notation et le régulateur. Après l’adhésion récente de 26 collectivités, qui porte à 51 le nombre d’actionnaires, «nous attendons une trentaine de nouveaux adhérents qui prendront leur décision cet été ou en septembre, déclare Philippe Rogier, directeur des crédits à l’AFL, qui réalisera des émissions obligataires groupées pour le compte des collectivités.
L’agence vise 80 membres, le bas de la fourchette de 80 à 100 fixée pour sa première année d’exercice. Les appels de fonds étant étalés sur trois ans, les capitaux propres théoriques atteignent 93 millions d’euros. «Un tiers (31 millions) a été libéré à ce jour et nous visons 10 millions de plus d’ici à cet automne », précise le responsable. Soit quasiment les 46 millions prévus dans la présentation investisseurs de l’AFL.
Animal hybride, sans actionnaire de référence unique, l’agence espère aussi pour octobre son agrément d’établissement de crédit. «Nous aurons une dernière vague d’échanges avec l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution ce mois-ci », indique Philippe Rogier. «Notre profil financier sera solide, avec un ratio common equity tier 1 cible de 12,5% qui atteindra sans doute plutôt 15%. Nous mettrons en réserve au minimum 95% de notre résultat et nos activités seront peu consommatrices de fonds propres», explique Thiébaut Julin, directeur financier de l’AFL, ex-Natixis arrivé en juin. Nous avons construit notre modèle avec un ratio de levier de 3%. Notre business plan laisse penser que nous serons plutôt autour de 4% et nous conserverons en réserve de liquidité une partie de nos émissions obligataires».
La première devrait avoir lieu en novembre ou décembre, pour 500 millions à 1 milliard d’euros. Si ce plafond est atteint, l’AFL pourrait octroyer à ses adhérents jusqu’à 750 millions d’euros de crédits à taux bas, dès cette année. En attendant, «La Banque Postale et les Caisses d’Epargne sont actuellement très actives dans les prêts aux collectivités», reconnaît Philippe Rogier.
L’agence compte octroyer 1,5 milliard d’euros de crédits en 2015 et 2 milliards en 2016. Sa cible de 4 milliards d’euros (25% de part de marché) est prévue pour 2024 seulement. «Nous aurons alors besoin d’émettre 5 à 6 milliards d’euros par an avec un spectre de maturités de 3 à 10 ans », précise Thiébaut Julin.
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