La poursuite de la contraction de l’activité dans le secteur manufacturier est inquiétante. Le risque d’une contagion aux services demeure.
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Xavier Diaz
La croissance dans la zone euro devrait fortement diminuer à 1,1% en 2010.
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Les derniers indices PMI en zone euro mêlent bonne et mauvaise nouvelles. «La bonne nouvelle est que l’indice des services se maintient, ce qui semble montrer une contagion limitée de la faiblesse du secteur manufacturier. La mauvaise est que ce dernier reste en territoire de contraction. Et plus cela durera, plus le risque d’une plus grande contagion sera élevé», craint Chris Hare, économiste chez HSBC.
L’indice PMI «flash», publié par IHS Markit, s’est de nouveau enfoncé un peu plus en territoire de contraction à 45,9 contre 46,9 en novembre. Une faiblesse du secteur manufacturier qui a de nouveau été compensée, comme ces derniers mois, par les services qui restent en croissance (52,4 après 51,9 en novembre). Pour le quatrième trimestre, la croissance dans la zone euro devrait s’établir à 0,1%, après 0,2% en troisième trimestre. La zone euro n’est donc pas en récession.
La récession, aucun économiste ne l’anticipe non plus en 2020. La croissance dans la zone euro devrait néanmoins fortement diminuer à 1,1%, contre 1,9% cette année. Le problème est que cette prévision repose sur une stabilisation dans l’industrie manufacturière qui tarde à se concrétiser. Non seulement le mouvement de destockage qui a pesé sur la croissance depuis début 2019 (-0,3 point de PIB, selon SG CIB) devrait prendre fin, mais également la contribution négative du commerce extérieur (-1,1 point de PIB). Comme en 2019, la région devrait être soutenue par la demande intérieure mais à condition que l’emploi tienne. «Il y a une bonne dynamique mais les créations d’emplois ralentissent, ce qui est normal par rapport à l’activité», note Laetitia Baldeschi, responsable des études et de la stratégie chez CPR AM. Pour Louis Boisset, économiste chez BNP Paribas, l’écart historique entre la situation dans le secteur manufacturier et dans celui des services pourrait tourner au désavantage de ce dernier si le marché de l’emploi faiblissait trop.
Reste pour la zone euro, l’arme budgétaire. «Le stimulus budgétaire au sein de la zone euro devrait avoir un impact favorable sur la croissance de la région l’an prochain», souligne Gero Jung, économiste chez Mirabaud. La Commission européenne évalue le soutien budgétaire à 0,4% du PIB pour l’ensemble de la zone euro après 0,2% en 2019. Pour Laetitia Baldeschi la politique budgétaire n’est plus restrictive mais elle n’est pas significative, à moins que l’Allemagne ne fasse plus que le 0,3 point de PIB envisagé. Tout repose donc pour l’instant sur la BCE. Mais jusqu’à quand.
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