La volatilité a torpillé le marché mondial des introductions en Bourse
Les volumes de l’equity capital market ont été divisés par deux au premier trimestre, le plus bas niveau depuis début 2009, au pic de la crise.
Publié le
Olivier Pinaud
158 sociétés seulement ont été introduites en Bourse entre janvier et mars.
-
Photo DR.
C’est un nouvel indicateur de la violence des secousses sur les marchés financiers en début d’année. Au niveau mondial, les volumes de l’equity capital market (ECM), qui cumule les introductions en Bourse (IPO), les augmentations de capital et les émissions d’autres titres donnant accès au capital (obligations convertibles), ont chuté de 52% sur un an au premier trimestre 2016, à 125 milliards de dollars, selon les chiffres préliminaires de Dealogic. C’est le plus faible niveau depuis le premier trimestre 2009, au pic de la crise. Seulement 158 sociétés se sont introduites en Bourse entre janvier et mars, soit le quatrième plus mauvais début d’année des 20 derniers exercices.
Mis à part la Chine, avec une petite hausse des volumes de 3%, toutes les grandes zones financières mondiales sont touchées. La chute de l’activité atteint 58% en Amérique du Nord, avec 42,2 milliards de dollars. En Europe, seulement 26,1 milliards de dollars ont été placés sous formes d’actions, soit 66% de moins qu’au premier trimestre 2015. Pour la France, les volumes ne s’élèvent qu’à 4,7 milliards de dollars, soit à peine un cinquième de l’activité constatée sur l’ensemble de 2015. Ces montants auraient été bien moindres sans les émissions d’obligations convertibles réalisées par LVMH, Safran, Technip et Veolia. Ils ont levé à eux quatre près de 2,3 milliards d’euros.
Indirectement, les fonds d’investissements souffrent de la fermeture du marché des IPO. Au premier trimestre, ils n’ont pu placer en Bourse que 12,4 milliards de dollars, 75% de moins qu’il y a un an. L’activité n’avait jamais été aussi faible depuis 2001. En fin de semaine dernière, Gian Giacomo Ferraris, le directeur général de Versace, détenu à 20% par Blackstone, a indiqué que son groupe patientera encore un peu plus longtemps avant une éventuelle IPO, une opération à laquelle il se prépare pourtant depuis 2013. « Le marché n’offre pas des conditions idéales », explique le dirigeant du groupe de mode italien.
Cette situation nourrit des interrogations sur les projets de Sandro Maje Claudie Pierlot (SMCP), le seul groupe hexagonal, avec la Française de l’énergie, à avoir officialisé sonintention d’entrer en Bourse. Détenu par KKR, SMCP compte lever entre 150 et 175 millions d’euros pour refinancer une partie de sa dette LBO.
L'entreprise a opté pour la procédure confidentielle, qui lui permet de soumettre son projet d'IPO aux autorités boursières américaines sans rendre public l'ensemble de ses documents financiers.
Le fonds de pension danois écarte la société d'Elon Musk de ses placements à moins de deux semaines de son introduction en Bourse sur le Nasdaq, en invoquant une valorisation jugée fantaisiste et une gouvernance qualifiée de catastrophique.
Le groupe basé en France va rejoindre le Nasdaq via la fusion avec un Spac afin d’accélérer aux Etats-Unis. Il récupèrera au passage 429 millions de dollars de trésorerie.
Le fonds coté multi-actifs géré activement vise à offrir une diversification du capital à long terme, au-delà des actions et obligations traditionnelles.
Depuis une dizaine d’années, une « mission cinéma » suscite et accompagne des productions audiovisuelles prenant le monde militaire pour cadre principal
Recevant le « prix du courage politique », l’ancien patron de la Fed s'est érigé en vigie de l'indépendance de la Réserve fédérale, désormais présidée par un financier jugé proche de Donald Trump.