La ville de Détroit se place sous la protection du régime des faillites

Le gouverneur de l’Etat évoque «la seule option raisonnable» pour une ville dont la dette atteint 18,5 milliards de dollars
Benoît Menou

Détroit, Michigan. La ville-berceau de l’industrie automobile aux Etats-Unis a le blues. Le fardeau de sa dette l’a contrainte hier à rechercher la protection du Chapter 9, loi sur les faillites réservée aux collectivités. «Il est clair que la situation financière exceptionnelle de Détroit ne peut être résolue en dehors du régime de faillite, et c’est la seule option raisonnable possible», s’est lamenté le gouverneur de l’Etat du Michigan, le républicain Rick Snyder, dans une lettre accompagnant les documents remis par la municipalité à un tribunal fédéral. Il s’agit de la première étape de la plus importante banqueroute jamais engagée par une ville américaine.

Détroit ne brille plus certes depuis des lustres. Alors que la ville a vu sa population fondre de 1,8 million d’habitants en 1950 à 700.000 aujourd’hui, la municipalité a été depuis des années ébranlée par des affaires de corruption. Le mois dernier déjà, la ville avait dû faire défaut pour une partie de sa dette, d’un montant global de 18,5 milliards de dollars. Le gouverneur Rick Snyder a reconnu que la ville «ne peut tout simplement pas générer suffisamment de revenus pour faire face à ses obligations courantes, et cette situation ne pourra qu’empirer en l’absence de mise en faillite». Dans un entretien télévisé suivant l’annonce, il a invité à «travailler dans la bonne direction».

Une porte-parole de la Maison blanche, évoquant un «partenariat étroit» entre Détroit et Washington, a assuré que le Président Obama suivait de près l’évolution de la situation. Un avocat spécialiste des faillites cité par Reuters assure que l’affaire pourrait durer de une à trois années. Des années de lutte au tribunal entre une municipalité et ses milliers de créanciers.

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