La victoire serrée de Lula ouvre une période d’incertitude pour le marché brésilien
Grand favori des sondages, Luiz Inacio Lula da Silva a remporté dimanche le second tour de l’élection présidentielle au Brésil. Mais avec un score serré qui fait craindre une contestation de son rival, le président sortant Jair Bolsonaro et des troubles dans le pays.
Lula a obtenu 50,9% des voix contre 49,1% pour Jair Bolsonaro, soit 2 millions de voix d’avance sur 156 millions d’électeurs. Une élection extrêmement serrée, relève l’équipe de stratégistes de Jim Reid chez Deutsche Bank dans une note lundi. «Il s’agit de la plus faible marge depuis 40 ans», précise Kenneth Broux, stratégiste chez Société Générale CIB. Ce scénario était craint par le marché comme celui du pire.
L’ETF Lyxor MSCI Brazil reculait de 1,6% lundi vers 13h30 à la Bourse de Paris, anticipant une ouverture en baisse des marchés brésiliens cet après-midi, tandis que l’ETF iShares MSCI Brazil reculait de 3,9% à la Bourse d’Amsterdam. Les entreprises publiques comme Petrobras étaient en forte baisse en avant-Bourse. L’indice Bovespa a reculé de 4,4% la semaine passée, terminant en légère baisse vendredi à la veille du scrutin.
Le real brésilien a aussi connu une semaine de baisse. La devise reculait de 0,7% dans les premiers échanges lundi à 5,335 pour un dollar.
Pas de félicitations
Lundi matin, le président sortant n’avait toujours pas félicité son rival, contrairement à la plupart des dirigeants occidentaux, ni concédé sa défaite. Il a à plusieurs reprises contesté le système de vote électronique qu’il juge vulnérable aux fraudes. Des chauffeurs, partisans de Jair Bolsonaro, ont bloqué certains axes routiers dimanche.
Outre le risque que celui-ci ne veuille pas reconnaître sa défaite, les marchés s’inquiètent de la politique budgétaire de Lula alors que l’économie brésilienne, à l’image de la croissance mondiale, est en perte de vitesse. Toutefois le plus important pour les investisseurs sera le nom du ministre de l’Economie.
Il s’agit de la première fois depuis le retour de la démocratie en 1985 au Brésil qu’un président sortant n’est pas réélu. Lula sera investi le 1er janvier 2023.
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