La titrisation fait un retour en force en Chine
Les émissions d’ABS font leur grand retour en Chine. China Development Bank (CDB) devrait lancer d’ici la fin de la semaine une émission à 5 ans de titres adossés à 49 prêts provenant de 43 clients pour un montant de 10,2 milliards de yuans (1,3 milliard d’euros). L’ensemble des prêts sous-jacents est assorti de taux variables et de coupons payables trimestriellement. Une émission, orchestrée par CDB Securities et Guotai Junan Securities comme souscripteurs et Citic Trust comme véhicule de financement, qui devrait comporter trois tranches.
Une première tranche de 18 prêts d’un montant de 8,07 milliards de yuans notée AAA, une deuxième de 12 prêts de 1,2 milliard notée AA, et une dernière de 898 millions qui n’est pas notée. Avec une note moyenne de AA+ et un taux maximum de 7,32% sur les sous-jacents, CDB espère renforcer l’attractivité des titres auprès des investisseurs en limitant le risque sous-jacent.
Aucun établissement chinois n’était plus venu sur le marché des ABS depuis avril 2008, la première opération de ce type remontant à décembre 2005 quand CDB et China Construction Bank avaient émis conjointement 7,2 milliards de yuans. Début août, les autorités chinoises avaient autorisé trois collectivités locales à émettre des ABS afin de favoriser les investissements en infrastructures et soutenir la croissance de l’économie du pays.
«Le but est de faciliter l’arrivée de fonds dans les collectivités qui ont des projets d’investissements mais font face aux contraintes des banques, ce qui les oblige à trouver d’autres sources de financement», estime Bank of America. Et Nomura d’ajouter que Pékin ne souhaite pas que «les banques portent tout le poids de ce type de financement».
D’autant que les banques chinoises cherchent à diversifier leurs activités et limiter leur exposition au secteur public. On a ainsi vu CDB octroyer cet été deux prêts d’un milliard de dollars chacun à Alibaba, le dernier étant destiné à financer le rachat de parts détenues par Yahoo dans le groupe, selon le Wall Street Journal. Le Hong Kong Exchanges & Clearing se serait également tourné vers CDB pour un crédit de 1,8 milliard destiné à se substituer au prêt relais de 860 millions octroyés par Deutsche Bank, HSBC et UBS. CDB profite de ses 980 milliards d’actifs pour financer des prêts à long terme substantiels qui nécessitent traditionnellement une syndication de la part des banques occidentales.
Plus d'articles du même thème
-
Les gérants affichent toujours un portefeuille offensif
Les actions pèsent encore 50%, tandis que l’obligataire progresse de deux points à 43%. Signe de relative confiance, la poche de cash retombe sur ses plus bas. -
Le forum fintech de l'AMF et de l'ACPR souffle ses dix bougies
En dix ans, les enjeux autour des fintechs ont changé. La tokenisation et l'intelligence artificielle sont sur le devant de la scène. -
Google fait son grand retour dans la compétition aux modèles d’IA de pointe
Google a lancé, jeudi 1er octobre, un nouveau modèle d'IA haut de gamme, Gemini 4 Argon, testé par quelques partenaires de confiance. Avec Anthropic et OpenAI, tous rivalisent sur la puissance de leurs outils d’IA, alors même qu'ils appellent publiquement à la modération.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : le soutien croissant des Britanniques à l’UE peut-il rebattre les cartes du Brexit ?
Plusieurs enquêtes récentes montrent qu’une part importante des Britanniques est désormais favorable à un retour dans l’Union européenne. Alors qu’Andy Burnham envisage ouvertement une nouvelle adhésion, une telle perspective nécessiterait de longues négociations, sans garantie pour Londres de retrouver les dérogations dont il bénéficiait avant le Brexit -
Guerre au Moyen-Orient : à court de missiles, l’Amérique découvre les limites de sa puissance
En sept mois de guerre contre l’Iran, les Etats-Unis ont largement puisé dans leurs stocks d’intercepteurs. Pensé pour protéger les alliés américains au Moyen-Orient, le système THAAD illustre aujourd’hui les difficultés de l’industrie de défense américaine à soutenir, sur la durée, une guerre de haute intensité -
La Fabrique de l'OpinionDénatalité : « Sexualité, couple et projet d’enfant se sont désynchronisés »
Les explications matérielles – logement, précarité, modes de garde – sont importantes mais n'expliquent pas à elles seules la dénatalité qui frappe la France. Spécialiste de la natalité, Hélène Calas explore la récession du couple parental