La tension reste forte sur les marchés
Les marchés actions européens ont nettement baissé ce mardi, alors que la Bourse de New York évoluait également dans le rouge en réponse à l’augmentation rapide des rendements obligataires, le sentiment de marché étant de nouveau affecté par les craintes liées à l’inflation et à ses conséquences pour la politique monétaire. A Paris, le CAC 40 a perdu 2,13%. L’indice européen élargi Stoxx 600 a perdu 2,07%, sa plus forte baisse depuis juillet dernier. Au même moment, à New York, le S&P 500 cédait 1,8%.
Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans affiche une hausse de six points de base à 1,5444%, au plus haut depuis la mi-juin. Le deux ans est lui au plus haut depuis 18 mois. Même mouvement d'écartement en Europe, avec un rendement des taux allemands à 10 ans qui remonte au plus haut depuis juin dernier à -0,172%. Les BTP italiens prennent plus de 6 points de base à 0,858%.
Lors d’une audition devant les sénateurs, la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a prévenu le Congrès que le Trésor ne serait plus en mesure de financer les dépenses du gouvernement à partir du 18 octobre si les parlementaires ne s’entendent pas sur un relèvement du plafond sur la dette. A cette date, « nous pensons que le Trésor se retrouverait avec des ressources très limitées qui s'épuiseraient rapidement. Il n’est pas certain que nous puissions continuer à respecter tous les engagements de la nation après cette date», a déclaré l’ancienne présidente de la Fed.
Les républicains au Sénat ont bloqué lundi un projet de loi démocrate qui aurait permis à la fois de financer le gouvernement et de relever la limite d’emprunt, exacerbant les inquiétudes à quelques jours seulement de l'échéance.
La BCE ne doit pas réagir avec excès
En Europe, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a répété mardi que l’inflation en zone euro, qui a atteint 3% sur un an en août, devrait encore accélérer dans les mois qui viennent avant de lentement se rapprocher de son objectif de 2%.Lors d’un discours prononcé en ouverture du Forum annuel de la BCE, organisé en ligne cette année, la responsable a déclaré que « si la robuste reprise en cours soutient les tendances inflationnistes sous-jacentes, ce que nous observons actuellement est surtout une phase d’inflation temporaire liée à la réouverture » des économies après la crise sanitaire.
La BCE doit « veiller à ne pas réagir de manière excessive à des chocs temporaires sur l’offre qui n’ont aucune incidence sur le moyen terme», a-t-elle précisé, en soulignant qu’aujourd’hui, l’inflation en zone euro est due pour moitié à la hausse des prix de l'énergie, qui rattrapent le terrain perdu en 2020. Une fois les effets liés à la pandémie passés, « nous nous attendons à ce que l’inflation diminue» et «converge lentement vers 2%», a également indiqué Christine Lagarde.
Une première vague d’inquiétude avait secoué les marchés la semaine dernière avec la crainte d’un défaut du groupe d’immobilier chinois Evergrande.
Plus d'articles du même thème
-
Le FMI alerte sur trois risques qui pourraient mettre à mal la stabilité financière
Dans son rapport sur la stabilité financière, le Fonds monétaire international en appelle aux gouvernements pour renforcer la résilience du secteur financier face aux dangers que représentent l’IA, la hausse des rendements obligataires et les cyberattaques. Trois risques interdépendants qui pourraient se cumuler. -
Le compromis sur la supervision européenne des marchés ne satisfait pas la Commission
L’adoption d’une nouvelle version de MISP par le Conseil européen suscite la critique de la Commission qui aurait préféré conserver une supervision centralisée pour un plus grand nombre de plateformes d’échange. -
L’IA va faire face à un durcissement des conditions de financement
Les projections d’investissements dans l’IA continuent d’augmenter et les besoins de financement aussi. Les investisseurs réclament une prime plus élevée. Si elle devenait trop haute, elle pourrait remettre en cause certains de ces investissements. Un risque scruté de près.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- Les banques européennes chutent avec le rebond des taux souverains
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
Contenu de nos partenaires
-
Opération séductionPrésidentielle : à la conquête de la Gen Z
Le mouvement lycéen a fait irruption dans la campagne, plaçant la jeunesse au cœur du débat. Le défi est de séduire une génération plurielle, revendicative et marquée par une forte abstention -
EditorialBudget 2027 : en finir avec le simulacre
Ce simulacre tournera-t-il au massacre ? Eviter le krach financier est désormais l'unique ambition de Matignon. A raison -
Chevalier blancPourquoi l'Etat monte au capital du groupe minier Eramet
L'Agence des participations de l'Etat (APE) va devenir premier actionnaire du groupe minier à l'occasion de sa prochaine augmentation de capital