La taxe carbone alourdira de 6 milliards d’euros les coûts des entreprises
Le Medef s’est opposé – en vain – à la transformation du CICE en baisse de charges, car elle conduira à alourdir de 5 milliards d’euros le coût du travail, selon les calculs de Bercy. Un surcoût compensé par la baisse de l’IS et la suppression de la surtaxe sur les dividendes, estime le gouvernement. Mais si le patronat tempête contre cet alourdissement des charges sociales, il ne semble pas s’inquiéter outre mesure de la montée en puissance d’un autre coût, celui de la taxe carbone. Pourtant, les chiffres officiels laissent entrevoir des montants considérables pour les entreprises.
Selon les documents annexés au projet de budget pour 2018, la montée en puissance de la taxe carbone, à laquelle il faut ajouter l’alignement progressif de la fiscalité du gazole sur celle de l’essence, représentera un coût de 3,9 milliards d’euros pour les ménages et les entreprises en 2018. Ce surcoût par rapport à la situation actuelle sera encore fortement accru les années suivantes, puisqu’il atteindra 15,4 milliards dès 2022. Cela correspond à une taxe de 86 euros par tonne de carbone, non loin de l’objectif fixé par la loi de transition énergétique pour 2030, à savoir 100 euros la tonne. Si Nicolas Hulot n’a pas obtenu d’aller au-delà – le chiffre de 140 euros la tonne avait été évoqué début juillet – il a gagné l’arbitrage concernant une montée en puissance très rapide. Dès le 1er janvier 2022, le gazole sera surtaxé de 30 centimes par litre, par rapport au niveau actuel.
Les entreprises seront, aussi, fortement touchées. Certes, comme le souligne Bercy, «un certain nombre de dispositifs législatifs protègent les secteurs industriels les plus énergétivores». Les installations intensives en énergie sont soumises au système européen de quotas carbone, et sont exonérées de la taxe française à ce titre. Et un système de taux réduits a été prévu pour les entreprises dont «l’activité relève d’un secteur considéré comme exposé à une fuite de carbone».
Pour autant, selon Bercy, «l’impact de la hausse de la composante carbone et du rattrapage gazole-essence se répartit à hauteur de 60% pour les ménages et de 40% pour les entreprises». Celles-ci paieront donc 1,6 milliard d’euros de plus en 2018 et 6,2 milliards en 2022. Compte tenu des exonérations dont bénéficie l’industrie, ce sont «principalement les entreprises du secteur tertiaire» qui seront concernées, indique le ministère des Finances.
Plus d'articles du même thème
-
La France est rappelée à l’ordre par l’Union européenne
Le paquet de printemps du Semestre européen 2026 met la France en face de réalités difficiles et formule des recommandations pour améliorer sa compétitivité et retrouver la maîtrise de ses finances publiques. -
Mécénat culturel, en avant la musique
La musique, suivie des arts visuels et du théâtre, constituent les premiers postes de mécénat culturel en France. Un engagement par définition désintéressé, mais qui peut se révéler très gratifiant s’il est mené dans les règles de l’art. -
Le testament solidaire gagne du terrain dans le financement des associations
Face à la vague de transmissions de patrimoine qui s'annonce, les associations voient dans les successions une nouvelle ressource pour diversifier leurs financements.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond en mai
- TotalEnergies pourrait doublement profiter de la guerre au Moyen-Orient
- Atalian s’apprête à passer sous le contrôle de ses créanciers
- Le Crédit Mutuel vante la banque à réseau pour concéder l'inévitable passage au digital
- Berkshire Hathaway mise sur la promotion immobilière résidentielle
- Novobanco galvanise les ambitions de BPCE
Contenu de nos partenaires
-
Résidents de la RépubliqueLa « nouvelle France », le poison identitaire de Jean-Luc Mélenchon
Avec ce slogan comme arme de mobilisation massive et la ville de Saint-Denis comme laboratoire à ciel ouvert, Jean-Luc Mélenchon croit avoir trouvé son « on est chez nous » d’extrême gauche pour 2027 -
Appel au calmePour Donald Trump, la sortie du bourbier iranien passe par une nouvelle trêve au Liban
La spirale de violence au Liban a convaincu le président américain de pousser à un nouveau cessez-le-feu, alors que Téhéran menace de mettre fin aux négociations avec Washington -
EditorialServitude, égalité, fiscalité : l'effroyable utopie de Thomas Piketty
Pour justifier une construction folle ciselée pour exalter l'internationale gauchiste, l'auteur célébré du Capital au XXIe siècle évoque une utopie. N'en croyez rien !