La surveillance des obligations municipales américaines devrait se renforcer
La loi Dodd-Frank votée en 2010 va avoir des conséquences sur l’organisation du marché des obligations municipales américaines qui pèse 2.900 milliards de dollars (2.000 milliards d’euros). L’organisme chargé de réguler cette industrie (MSRB ou «Municipal Securities Rulemaking Board) vient en effet de proposer hier une supervision beaucoup plus stricte qui s’appliquerait aux sociétés en charge de conseiller les administrations publiques en matière financière, afin de mieux protéger les fonctionnaires travaillant en leur sein.
«Nous proposons que ces sociétés soient contraintes de privilégier l’intérêt des administrations régionales et locales», a déclaré Lynette Hotchkiss, directrice du MSRB. Elle estime cependant qu’il y aura «un long chemin à parcourir pour protéger l’intérêt public et éviter les conflits d’intérêts» qui se sont multipliés sur ce marché.
La crise de 2008 a en effet mis en lumière le rôle néfaste joué par certaines officines financières dans le développement de produits structurés émis par certains Etats ou régions, avec la multiplication de pots-de-vin versés à ces intermédiaires en contrepartie de commissions anormalement élevées prélevées par les banques sur certaines opérations. Au nombre d’un millier, ces «municipal advisors», peuvent être des particuliers, des sociétés financières spécialisées (First Southwest, Public Financial Management, Piper Jaffray…) ou des banques comme Goldman Sachs ou JPMorgan.
Les nouvelles règles interdiraient à ces sociétés de conseil de partager avec des banques d’investissement les commissions reçues, tandis que le niveau de leur rémunération serait encadré pour ne pas «être excessif». Le MSRB n’a pas mentionné de seuil spécifique, se contentant d’indiquer que cette rémunération ne devrait pas être «disproportionnée» par rapport à la nature du service apporté.
Ces conseillers seraient également obligés de déclarer d’éventuels conflits d’intérêts. Dans certains cas, ils ont été choisis par les administrations sur la recommandation de banques d’investissement avec lesquelles ils étaient auparavant en relation d’affaires, ce qui a eu tendance à obérer l’impartialité de leur point de vue. Les sociétés de conseil seraient enfin contraintes de rechercher pour leurs clients des financements alternatifs, sauf interdiction explicite de ces deniers. Les recommandations du MSRB devront être approuvées par la SEC, le gendarme financier américain.
Plus d'articles du même thème
-
Schneider Electric indispose les investisseurs en ciblant l’américain PTC
Payée en numéraire, cette acquisition qui dépasse 20 milliards d’euros risque de peser sur la structure de bilan de l’équipementier électrique français. -
Le risque France se propage aux obligations d’entreprises
L’immunité pour le marché du crédit est terminée. Celui-ci s’écarte à son tour, affecté par la volatilité sur les taux. Les émetteurs français sous-performent alors que le spread entre la France et l’Allemagne a atteint un plus haut de près de quinze ans même si les groupes internationaux peuvent jouer les actifs refuges. -
Le gouvernement s’attaque aux avoirs en déshérence
Un prélèvement de 17 % sera appliqué de manière réversible sur les fonds en déshérence récupérés par la Caisse des dépôts et des consignations, qu’ils soient placés en assurance vie ou sur les comptes bancaires.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Qui est Jay Clayton, le nouveau « tsar » de l’IA aux Etats-Unis ?
Nommé par Donald Trump pour piloter la Super Intelligence Force, le directeur du renseignement national hérite d'un domaine stratégique sans posséder d'expertise technique -
StratégieViolences, risques de récupération… : comment les syndicats veulent contourner les pièges du mouvement des lycéens
Face à la fronde des lycées, les organisations syndicales tentent d'encadrer la mobilisation prévue mardi à Paris, prudentes face au risque d'être accusée de faire de la récupération -
Têtes brûléesBlocage des lycées : la colère sans mode d'emploi
Après deux semaines de blocus lycéens, organisations lycéennes, étudiantes et syndicales manifestent ce mardi 6 octobre. Une tentative de structurer un mouvement jusqu'ici gazeux, souvent violent, et insaisissable pour le gouvernement