La Société Générale réduit son levier à un rythme élevé
Fragilisée pendant l’été dernier par les investisseurs qui doutaient de sa solidité financière, la Société Générale s’est montrée hier rassurante sur ce point. La banque de La Défense a fait de l’ajustement de son bilan (deleveraging) sa priorité, conformément au plan d’adaptation annoncé en septembre.
L’effort s’est concerné sur SG CIB. Le pôle de banque de financement et d’investissement a réduit ses actifs de 10,9 milliards d’euros au quatrième trimestre – portant le total pour l’année à 22,1 milliards. Les cessions provenant du portefeuille géré en extinction se sont poursuivies à un rythme élevé (5 milliards d’euros, après 5,8 milliards au trimestre précédent), tandis que 700 millions d’euros proviennent de l’amortissement de ce même portefeuille. La grande différence au dernier trimestre vient de la cession de 5,2 milliards d’euros de portefeuilles de crédits (contre 800 millions au troisième trimestre): c’est un élément clé du projet de deleveraging et de la volonté de la banque de limiter sa dépendance vis-à-vis du dollar.
A cet égard, SG CIB a réduit ses besoins de 55 milliards de dollars depuis juin 2011 (soit 55%), dépassant de 5 milliards l’objectif assigné en septembre. «Nous ne dépendrons pas des fonds monétaires américains cette année pour assurer notre liquidité», indique Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale. Le résultat de ces actions se retrouve dans la baisse de 13% des encours pondérés de la BFI et d’autres activités de gros, à 122 milliards d’euros.
En revanche, se réjouit le dirigeant, les encours liés aux réseaux et aux services financiers spécialisés font preuve d’une croissance maîtrisée (+2% à 203 milliards). L’application des règles de Bâle 2.5 au 31 décembre 2011 provoque une augmentation des encours pondérés de 25 milliards d’euros (qui totaliseraient 349 milliards).
La Société Générale est donc en mesure d’afficher un ratio de fonds propres durs core tier 1 de 9% (9,6% pour BNP Paribas) avec six mois d’avance sur le calendrier fixé par l’Autorité bancaire européenne. «Nous confirmons viser un ratio supérieur à 9% et sans augmentation de capital, grâce aux cessions et à la mise en réserve de nos résultats», précise Frédéric Oudéa.
Signe de confiance, le PDG a annoncé que le groupe reprendrait sa politique de dividende en 2013. Ces perspectives ont rassuré le marché: après avoir été boudé à l’ouverture, le titre a fini en hausse de 0,78%, à 22,55 euros.
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