La Société Générale internalise ses activités sur le marché du CO2
La Société Générale met à nouveau fin à une coentreprise sur le marché de l’énergie. La banque a annoncé vendredi la cession avant la fin de l’année de sa participation de 50% à Rhodia dans leur joint-venture dédiée aux marchés du carbone Orbeo. «L’offre CO2 de la banque sera réintégrée au sein de la plate-forme énergie en Europe afin d’offrir à ses clients des solutions combinées CO2, gaz, électricité, charbon et pétrole», précise le groupe dans un communiqué. Les équipes d’Orbeo rejoindront Rhodia Energy, propriété de Solvay, et les salariés de la Société Générale détachés chez Orbeo seront réintégrés à sa plate-forme énergie.
C’est la deuxième coentreprise sur le marché de l’énergie à laquelle la banque met un terme, après avoir cédé ses 49% à GDF Suez de leur joint-venture spécialisée dans le trading de gaz et d’électricité en Europe, Gaselys, en 2010.
«Cette décision est liée à la maturité du marché. Quand un marché devient plus mature, ce genre de coentreprise fait moins sens. Il y a moins de synergies à dégager», indique-t-on en interne. L’accord de cession, dont les termes n’ont pas été révélés, n’aurait rien à voir avec la chute des prix des unités de réduction certifiée des émissions, qui ont atteint un plus bas de 4,40 euros vendredi.
Bon nombre de banques européennes cherchent actuellement à céder des actifs pour réduire la taille de leur bilan sous la pression des marchés, dont la Société Générale a été l’une des principales victimes, et des régulateurs. Mais un porte-parole fait valoir que ce désengagement ne rentre pas dans ce cadre. «Le pacte d’actionnaires d’Orbeo prévoyait une révision périodique de l’actionnariat», précise-t-il. Des discussions à ce sujet avaient été engagées dès le début de l’année et donc avant la réorientation stratégique de la banque. D’autant que dans le cadre de son plan Ambition 2015, la Société Générale avait insisté sur le fait qu’elle souhaitait se développer sur les marchés de l’énergie. Cette cession aura «un impact marginal sur les fonds propres», souligne la source.
Orbeo avait été créé en 2006 dans le contexte de la création des marchés du carbone en 2005 et de l’application du Protocole de Kyoto. La société a accusé une perte de 3,7 millions d’euros en 2010 après un bénéfice net de 14,7 millions l’année précédente, selon ses comptes publiés au Balo.
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