La Société Générale installe son directeur financier à la tête de SG CIB
Il faut y voir un signe des temps. Michel Péretié, qui dirigeait depuis trois ans la banque de financement et d’investissement (BFI) de la Société Générale, quitte le groupe. A sa place, la banque a décidé d’installer son actuel directeur financier, Didier Valet, déjà membre du comité exécutif. Et pour remplacer ce dernier, le groupe a fait appel à Bertrand Badré, qui exerçait les mêmes fonctions chez Crédit Agricole SA avant son départ de la banque verte cet été.
L’arrivée d’un pur financier à la tête de SG CIB traduit la nouvelle ère dans laquelle est entrée l’activité. Une ère faite de réduction des bilans et des risques, de moindre levier et donc de rentabilité en baisse, dans un environnement réglementaire plus contraignant. Tour à tour analyste financier sur le secteur bancaire, responsable des relations investisseurs et directeur financier, Didier Valet jouit d’une bonne image auprès des actionnaires et créanciers du groupe, et connaît sur le bout des doigts les enjeux liés aux nouvelles règles de Bâle 3.
Il aura pour mission dès janvier de mener le recentrage que SG CIB a amorcé ces derniers mois. La BFI s’est fixé pour but de réduire ses besoins de liquidité de 50 à 60 milliards d’euros d’ici à 2013, dont une grande partie en dollars, un objectif déjà atteint à hauteur de 40 milliards d’euros fin septembre. Elle doit aussi diminuer de 30 à 40 milliards d’euros ses actifs pondérés en risque, ce qui l’a amenée à céder pour 10 milliards d’euros de portefeuilles gérés en extinction. Arrêt ou diminution d’activités, et cessions de portefeuille de prêts performants ou douteux sont aussi au programme. Ce qui se traduira par des suppressions de postes – plusieurs centaines en France et autant à l’étranger, selon les syndicats – dont la Société Générale doit chiffrer l’ampleur en janvier.
Un troisième homme profite, au passage, de cette révolution de palais. Christophe Mianné devient directeur adjoint de SG CIB, un nouveau poste. Il sera plus spécialement en chargement de la division Global Markets et des opérations et système. Le patron historique de la forteresse des dérivés actions, seul survivant de l’affaire Kerviel à ce niveau, reste donc un poids lourd de la BFI en interne. «Lui et Didier Valet sont complémentaires, mais il ne s’agit pas d’un tandem», insiste-t-on à la Société Générale.
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