La Sfil réussit son émission inaugurale d’obligations foncières

La nouvelle banque des collectivités a placé hier 1 milliard d’euros à 7 ans, mais le dossier des prêts toxiques n’est pas réglé
Amélie Laurin
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Plusieurs fois repoussée, l’émission inaugurale de la Caffil a finalement eu lieu hier. L’ex-Dexia Municipal Agency, devenue le véhicule de refinancement de la Sfil, a placé 1 milliard d’euros d’obligations foncières à 7 ans, notées AAA.

«Nous sommes satisfaits car nous avons lancé la signature Caffil dans un contexte de marché assez volatil ces dernières semaines. Notre émission été sursouscrite 1,7 fois, la meilleure moyenne observée depuis mai sur les covered bonds, déclare Philippe Mills, PDG de la Sfil. Avec un taux de 1,0808%, nous avons obtenu un très bon rendement, supérieur de 31 points de base (pb) à la courbe des swaps à 6 mois et 27 pb au-dessus de l’OAT à 7 ans».

«Le prix obtenu est seulement 3 pb au-dessus de l’émission à juin 2020 de la CRH (Caisse de refinancement de l’habitat) qui sert de référence au marché des obligations foncières en France, relève Jean-David Cirotteau, analyste chez SG CIB. Le spread est certes presque deux fois plus élevé que celui d’autres émetteurs publics comme la Cades (mid-swap+16 pb à échéance octobre 2020), mais celle-ci est pondérée par les banques à 0% en risque bâlois, contre 10% pour les covered bonds». «La prime d’émission de la Caffil est limitée à 6 pb, contre 9-10 pb récemment pour d’autres émetteurs mieux connus des marchés», ajoute Jérôme Pellet, responsable du secteur public chez HSBC, qui a mené l'émission avec Natixis, BNP Paribas, Deutsche Bank et Barclays.

Derrière les investisseurs germano-autrichiens (44%) et/ou gestionnaires d’actifs (51%), les banques centrales d’Asie et du Moyen-Orient ont représenté 11% des souscriptions. A seulement 7%, «les assureurs et fonds de pension pourraient être plus nombreux via des placements privés portant sur la partie longue de la courbe que nous allons proposer très bientôt, assure Philippe Mills. En y ajoutant une seconde émission à l’automne, nous devrions lever 2,5 milliards d’euros cette année». La Sfil pourra ainsi reprendre sur son bilan, à partir de la rentrée, les prêts aux collectivités distribués par La Banque Postale depuis 2012.

En revanche, «elle va devoir contribuer, au côté des banques, au fonds public d’un milliard d’euros destiné à régler le problème des prêts toxiques, pointe Philippe Rogier, président du cabinet de conseil PublicFinance. Il faudra voir aussi si la future loi devant régler le problème des contrats aux taux jugés litigieux sera suffisamment protectrice pour la Sfil», héritière de Dexia.

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