La Sfil peine à renégocier les prêts toxiques des collectivités
La Sfil a renoncé à mettre tous les prêts toxiques dans le même panier. La nouvelle banque publique des collectivités souhaitait proposer à ses clients une fenêtre de quelques semaines pour renégocier un maximum d’emprunts sensibles à des conditions standards. Elle a finalement opté pour des tractations au cas par cas, plus fastidieuses.
Créée début février sur les ruines de Dexia Crédit Local, la Sfil déclare avoir renégocié à ce jouronze dossiers pour un total de 92 millions d’euros. Une goutte d’eau par rapport à ses 8,4 milliards de crédits toxiques répartis entre 870 clients. «Nous sommes en discussions concrètes avec 185 emprunteurs pour environ 2,3 milliards d’euros de prêts. 26 dossiers sont très proches de la conclusion, pour un montant de 274 millions d’euros», assure une porte-parole de la banque.
Selon le cabinet Finance Active, la Sfil propose des taux inférieurs à 5%, parfois assortis du refinancement d’une partie de la pénalité de sortie à environ à 3% et d’un prêt nouveau autour de 4%. Mais ses solutions pour les fameux crédits indexés sur le franc suisse restent peu nombreuses car le «taux de retournement» dépasse souvent celui de l’usure. La Sfil a donc à peine puisé dans son enveloppe d’un milliard d’euros destinée à des réaménagements «à prix coûtant».
Selon une source proche, elle a par ailleurs reçu 105 assignations de collectivités. A fin avril, 98 autres avaient été adressées à Dexia qui a également beaucoup de mal à renégocier les 2,3 milliards d’euros d’emprunts sensibles qui lui restent.
«Le tribunal de Nanterre a perturbé gravement le process dans la mesure où il a généré un attentisme assez généralisé», expliquait le mois dernier Robert de Metz, président du conseil d’administration de Dexia, devant la commission des finances de l’Assemblée nationale. En février, le TGI de Nanterre a imposé la conversion au taux légal (0,04% actuellement) de trois crédits de la Seine-Saint-Denis, accordés par Dexia et aujourd’hui dans le bilan de la Sfil. Les deux banques ont fait appel, mais ce jugement a redonné de l’espoir à certaines collectivités. Jusqu’à présent, Bercy s’est refusé à intervenir directement dans ce dossier explosif malgré les demandes pressantes de certains élus. «Il est prématuré pour le gouvernement de faire des annonces sur le sujet», assurait hier encore l’entourage de Pierre Moscovici.
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