La Sfil n’est toujours pas prête à se refinancer sur les marchés
Beaucoup de questions, peu de réponses. La Sfil et La Banque Postale (LBP), auditionnées hier à la commission des finances de l’Assemblée nationale, n’ont pas levé toutes les inquiétudes sur le financement des collectivités locales. Interrogé sur l’arrivée de la Sfil sur le marché des obligations foncières, nécessaire pour refinancer les prêts de LBP, son patron n’a pas caché l’«incertitude juridique qui peut objectivement nous gêner pour faire la première émission ». En février, le TGI de Nanterre a en effet imposé la conversion de trois de ses prêts au taux légal de 0,04%.
«Nous devons établir dès le départ une relation de confiance avec les investisseurs», a concédé Philippe Mills, PDG de la nouvelle banque publique des collectivités. La documentation du programme d’EMTN de la Sfil devra donc inclure une explication des «risques associés» aux 8,3 milliards d’euros de prêts structurés sensibles hérités de Dexia, et décrire les contentieux en cours.
La Sfil a déjà reçu 124 assignations pour des prêts qu’elle héberge, un chiffre qui ne cesse de grimper sous l’effet combiné du jugement de Nanterre et de la prescription attendue de nombreux contrats mi-juin.
En parallèle, les renégociations patinent: seuls 100 millions d’euros ont été désensibilisés à l’amiable. Dès lors, l’émission inaugurale d’1 milliard d’euros de la Sfil, et les 2 autres milliards prévus cette année, semblent encore très hypothétiques, même si la banque assure à L’Agefi être dans les starting-blocks pour se lancer fin juin ou début juillet.
En attendant, LBP a déjà accordé cette année 600 millions d’euros de prêts nouveaux au secteur public local. «L’impasse financière des collectivités est un problème que nous avons régulé», estime Philippe Wahl, président du directoire de LBP. Selon lui, leurs 20 milliards de besoins de financements pour 2013 seront couverts par 9 milliards promis par les banques commerciales, 2 milliards apportés par la Banque européenne d’investissement, 2 milliards d’émissions obligataires, 3 milliards apportés par LBP et 4 milliards par la Caisse des dépôts (CDC).
Un optimisme nuancé par Henri Emmanuelli. «L’enveloppe de la CDC, pour le moment c’est epsilonesque, a affirmé hier le président de la commission de surveillance de l’institution. Depuis environ six mois le Trésor s’ingénie à ce que cette enveloppe ne soit pas opérationnelle». Preuve que le dossier reste éminemment politique.
Plus d'articles du même thème
-
Liontrust réduit nettement sa décollecte au deuxième trimestre 2026
La société de gestion britannique enchaîne un 18e trimestre de décollecte nette mais voit ses encours augmenter grâce à l'acquisition de River Global. -
La médiation nationale du crédit veut sortir de l'ombre
Le nombre de dossiers traités par la médiation nationale du crédit reste relativement faible, au regard du contexte économique et du nombre de défaillances d'entreprises. Preuve d'une méconnaissance encore de son rôle, quand de son côté, la médiation des entreprises voit son nombre de dossiers exploser. -
OPmobility confirme ses objectifs pour 2026, tout en surveillant la situation au Moyen-Orient
Malgré des tensions géopolitiques et un marché sous pression, le groupe affiche une rentabilité stable au premier semestre et poursuit sa dynamique de désendettement.
ETF à la Une
La Bourse de Londres lance une plateforme de négociation ouverte 24h sur 24
- Les créanciers d’Altice International contre-attaquent
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur du luxe amorce une reprise au deuxième trimestre
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
Contenu de nos partenaires
-
Japon : le grand guide d'un premier voyage, d'Osaka à Tokyo
Longtemps, on a trouvé mille raisons de repousser le voyage au Japon : la langue, la distance, l'appréhension d'un pays réputé trop codifié pour s'y sentir à l'aise. Il aura suffi d'y poser le pied pour comprendre l'erreur. Avec un yen au plus bas face à l'euro, le moment n'a d'ailleurs jamais été aussi favorable. Récit d'un voyage en treize étapes, d'Osaka à Tokyo. -
« Le recul environnemental de trop » : la ministre de la Transition écologique Monique Barbut annonce sa démission
La ministre était opposée à la réintroduction de l'acétamipride rendue possible par le texte adopté au Parlement. Elle dénonce « le recul environnemental de trop ». -
InsideFree parties, protoxyde d’azote, rodéos urbains : ce que contient la loi « Ripost », adoptée au Parlement
La loi « Ripost » sur la sécurité du quotidien a été adoptée mardi soir à l’Assemblée nationale et au Sénat. Avec l’essentiel des mesures que défendait le gouvernement