La SEC refuse que le Nasdaq offre des services de trading algorithmique
Nasdaq OMX voit ses projets stoppés par la SEC. L’autorité américaine des marchés a rejeté pour la première fois de son histoire le projet de l’opérateur qui voulait offrir une batterie d’algorithmes utilisés par les opérateurs de marché, dans le but d’enrayer la baisse des volumes traités sur le marché américain.
Raison invoquée par la SEC pour justifier sa décision : le Nasdaq n’a pas réussi à fournir «une analyse suffisante sur la manière dont l’immunité réglementaire imposerait une barrière injustifiée à la concurrence», notamment vis-à-vis des sociétés de courtage qui fournissent ce type de services.
«Cette décision va créer un précédent. Jusqu’à présent, l’opinion du secteur était que la SEC se range du côté des opérateurs quand ils soumettent une demande d’offre de nouveaux services» estime Christopher Nagy, un consultant cité par le Financial Times. Et Bruce Weber, professeur à l’université du Delaware d’ajouter que «la SEC rechigne à approuver des règles qui sont susceptibles d’avoir un effet déstabilisant sur les marchés».
La décision a été saluée par la Sifma, représentant notamment les intérêts des grosses sociétés de courtage, qui alertait en octobre dernier les autorités sur le fait que, selon elle, «il serait incongru que le Nasdaq soit autorisé à bénéficier du bouclier des régulateurs contre ses responsabilités, alors que les fournisseurs d’offres algorithmiques concurrentes offrant les mêmes services assument une responsabilité illimitée». Un point qui constitue le nœud de la discorde entre opérateurs et courtiers sur le niveau de responsabilités de chacun en cas de problèmes, suite à la perte de 500 millions de dollars que ces derniers ont subie lors de l’introduction en Bourse des actions de Facebook l’année dernière.
Le Nasdaq attend que la SEC rende son verdict, qui devrait intervenir dans les prochaines semaines, sur son offre volontaire de 62 millions de compensations financières aux courtiers dans cette affaire. L’opérateur américain a néanmoins déjà fait valoir qu’il n’était pas légalement contraint de transiger.
Parallèlement, le Wall Street Journal rapportait hier que l’enquête de la SEC visant le CBOE sur un éventuel manquement à ses obligations de régulateur de marché, l’aurait contraint à envisager de remplacer trois des 15 membres de son conseil d’administration.
Plus d'articles du même thème
-
L’inflation japonaise s'emballe et renforce les anticipations de hausse de taux
Les prix à la consommation augmentent plus vite que les prévisions et dépassent la cible de la banque centrale, tandis que les entreprises industrielles affichent leur optimisme. Les conditions sont réunies pour la poursuite de la normalisation de la politique monétaire. -
Les spécialistes des taux s’inquiètent pour l’inflation et pour l’euro
Les panélistes interrogés par L’Agefi ont augmenté leurs attentes de hausses de taux pour les quatre grandes banques centrales. Et également pour les taux longs. -
L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Près d’un résultat sur deux généré par l’intelligence artificielle ne correspond pas à la réalité. Pourtant, les données proviennent le plus souvent directement de la société.
ETF à la Une
Arnaud Gihan (BlackRock) : « Les ETF permettent aux CGP de construire des solutions sur-mesure pour les clients »
Contenu de nos partenaires
-
Guerre au Moyen-Orient : à court de missiles, l’Amérique découvre les limites de sa puissance
En sept mois de guerre contre l’Iran, les Etats-Unis ont largement puisé dans leurs stocks d’intercepteurs. Pensé pour protéger les alliés américains au Moyen-Orient, le système THAAD illustre aujourd’hui les difficultés de l’industrie de défense américaine à soutenir, sur la durée, une guerre de haute intensité -
La Fabrique de l'OpinionDénatalité : « Sexualité, couple et projet d’enfant se sont désynchronisés »
Les explications matérielles – logement, précarité, modes de garde – sont importantes mais n'expliquent pas à elles seules la dénatalité qui frappe la France. Spécialiste de la natalité, Hélène Calas explore la récession du couple parental -
Carburants : les déblocages des stocks stratégiques européens de gazole peuvent-ils vraiment faire baisser les prix ?
Le G7 a décidé vendredi de libérer jusqu’à 100 millions de barils de pétrole brut et de carburants issus des réserves d’urgence, alors que Washington menaçait de suspendre ses exportations de gazole vers l’Europe. Cette mise sur le marché pourrait faire baisser les prix à la pompe de 10 à 15 centimes par litre. Mais l’effet risque de ne durer que quelques semaines, estiment les experts