La reprise du M&A en Europe devrait faire la part belle aux cessions d’actifs

Les opérations de taille moyenne permettront aux prédateurs d’intégrer plus facilement les actifs rachetés, juge Hervé Mangin, gérant chez Axa IM
Yves-Marc Le Reour
Illustration: PHB
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Après plusieurs années de disette, le marché des fusions et acquisitions en Europe devrait suivre après l’été le mouvement de reprise constaté à l’échelle mondiale depuis quelques mois. C’est du moins le scénario privilégié par Hervé Mangin, gérant du fonds Axa WF Framlington Europe Opportunities, dont près de la moitié du portefeuille est composé de sociétés exposées à ce thème de gestion.

Plusieurs éléments militent en faveur d’un rebond, comme la solidité des bilans des entreprises non financières, une valorisation des marchés actions en Europe inférieure d’environ 8% à sa moyenne de long terme, ou l’intérêt grandissant des pays émergents pour les entreprises de la région. Mais «le frein principal provient des incertitudes politico-financières en zone euro, non seulement à Chypre mais aussi et surtout en Italie et en Espagne», ajoute Hervé Mangin, qui mise sur un déblocage de la situation au second semestre.

Si ce redémarrage survient, il devrait faire la part belle aux cessions d’actifs de taille moyenne (inférieures à 10 milliards d’euros), qui ont l’avantage de satisfaire l’ensemble des intervenants. Elles permettent aux vendeurs «de se recentrer sur leur cœur de métier en dégageant du cash qu’ils peuvent réemployer plus efficacement», tandis que les prédateurs rachètent ainsi «des actifs plus petits et plus focalisés, donc plus faciles à intégrer et à financer». Carrefour a récemment suivi cette voie en se retirant de Malaisie, de Grèce et de Colombie pour se concentrer sur la France et le Brésil, tout comme le britannique Invensys qui a vendu sa division signalétique à Siemens.

Avec des cash-flows sous pression et un endettement relativement élevé, le secteur des télécoms en Europe semble particulièrement concerné par ce type de transactions. Telefonica songerait ainsi désormais à céder des actifs en Irlande, en République tchèque ou en Amérique centrale, l’avenir de sa participation minoritaire dans China Unicom étant également en suspens.

Deutsche Telekom et France Telecom réfléchissent de leur côté à la meilleure façon de se désengager de leur coentreprise mobile britannique EE, une cession à des fonds de private equity pouvant constituer une alternative à la mise en Bourse jusqu’ici privilégiée. Selon des sources proches du dossier, l’opérateur français a mandaté Morgan Stanley et BoA Merrill Lynch pour le conseiller, son partenaire allemand se tournant vers JPMorgan.

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