La politique monétaire doit rester « accommodante », selon la BCE
Les tensions sous-jacentes sur les prix n’indiquent toujours pas l’existence d’une véritable tendance à la hausse et restent source de préoccupation», souligne la Banque centrale européenne (BCE) dans les minutes du Conseil des 20 et 21 juillet.
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Vue aérienne de la BCE à Francfort.
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Crédit ECB.
«Les tensions sous-jacentes sur les prix n’indiquent toujours pas l’existence d’une véritable tendance à la hausse et restent source de préoccupation», souligne la Banque centrale européenne (BCE) dans les minutes du Conseil de politique monétaire des 20 et 21 juillet, publiées jeudi. «Globalement, cela confirme la nécessité de maintenir une orientation accommodante appropriée de la politique monétaire afin de garantir le retour, sans tarder, des taux d’inflation vers des niveaux inférieurs à, mais proches de 2 %», ajoute-t-elle dans la partie consacrée aux «Reflexions et options possibles de politique monétaire.
S’agissant de l’évolution des prix dans la zone euro, la BCE rappelle que la hausse de l’IPCH global a légèrement augmenté en juin, ressortant à 0,1 % contre - 0,1 % en mai, reflétant essentiellement l’accentuation de la hausse des prix de l’énergie et des services. «L’inflation sous-jacente, mesurée par l’IPCH hors produits alimentaires et énergie, est passée de 0,8 % en mai à 0,9 % en juin, fluctuant ainsi autour de 1 %, comme c’est le cas depuis juillet 2015, et ne donnant pas d’indication nette d’une tendance à la hausse», note la BCE.
«Au cours des prochains mois, la hausse de l’IPCH global devrait demeurer très faible, avant de commencer à se redresser plus tard dans l’année, surtout en raison d’effets de base haussiers concernant le rythme annuel de variation des prix de l’énergie. Différentes prévisions d’inflation provenant du secteur privé et d’organisations internationales sont ressorties entre 0,2 % et 0,3 % pour 2016, entre 1,1 % et 1,4 % pour 2017, et entre 1,2 % et 1,7 % pour 2018, les projections de juin 2016 établies par les services de l’Eurosystème s’établissant à, respectivement, 0,2 %, 1,3 % et 1,6 %», précise l’Institut d'émission ajoutant que «selon les prévisions actualisées qui ont été publiées après le vote du Royaume-Uni en faveur de sa sortie de l’Union européenne, l’effet sur les perspectives d’inflation dans la zone euro ne serait que limité».
Autre grand constat mis en exergue, «les marchés financiers ont cependant résisté de façon encourageante à la recrudescence initiale de la volatilité à la suite du référendum organisé par le Royaume-Uni sur son appartenance à l’Union européenne. La disponibilité des banques centrales partout dans le monde à fournir des liquidités si nécessaire, un cadre de réglementation et de surveillance robuste ainsi que les mesures de politique monétaire accommodante de la BCE sont autant d’éléments qui ont contribué à contenir les tensions sur les marchés. La révision des anticipations des marchés concernant la politique monétaire future des principaux pays a probablement aussi contribué à la capacité de résistance évoquée précédemment».
Néanmoins, la BCE souligne qu’au cours des dicussions, «il a été largement admis que les risques à la baisse pesant sur les perspectives économiques de la zone euro s’étaient accrus, en raison principalement du résultat du référendum au Royaume-Uni».
Dans une autre remarque, la BCE estime que «l’évolution du canal du crédit bancaire nécessite un suivi étroit». La dernière enquête sur la distribution du crédit bancaire confirme que la dynamique des prêts continue de se renforcer, reflétant à la fois l’amélioration des conditions de l’offre de crédit et une hausse de la demande de prêts. «Toutefois, les banques de la zone euro ont été confrontées à de nombreux défis qui ont compromis leur capacité à générer du capital, avec des effets potentiellement néfastes sur l’offre de crédit», soulignent les minutes.
La BCE juge aussi que «la mise en œuvre du programme d’achats d’actifs s’est déroulée dans de bonnes conditions, malgré les rapports de marché faisant état d’une raréfaction sur certains compartiments du marché».
Enfin, s’agissant des politiques budgétaires, «les membres du Conseil ont fait remarquer qu’ils s’attendaient à une orientation neutre en 2017, après une orientation légèrement expansionniste en 2016, et ont souligné également la nécessité d’une mise en œuvre intégrale et systématique des règles du Pacte de stabilité et de croissance, dans le temps et à travers les pays, pour maintenir la confiance dans le cadre budgétaire». Dans le même temps, ajoute le rapport, «ces politiques doivent également soutenir la reprise économique et il a été rappelé que tous les pays devaient s’efforcer de mettre en place des politiques budgétaires plus propices à la croissance en utilisant leur marge de manœuvre budgétaire, le cas échéant».
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