La politique monétaire de Donald Trump dans le viseur du FMI
Le locataire de la Maison-Blanche a le mérite d’être une source d’inspiration intarissable. Pour les critiques. Mercredi, ce sont Gustavo Adler, Luis Cubeddu et Gita Gopinath, trois économistes du Fonds monétaire international (FMI), qui ont attaqué ses choix de politique économique dans un billet de blog. Sans jamais le citer, les exemples et mécanismes décrits font clairement référence à Donald Trump.
Les trois économistes s’attachent d’abord à déconstruire la centralité accordée au taux de change. Certes l’assouplissement monétaire stimule la demande et baisse le taux de change. Néanmoins, les effets recherchés par la baisse du taux de change ne sont pas mécaniques. D’autant plus que les échanges des Etats-Unis avec ses partenaires majeurs, majoritairement réglés en dollars, les rendent peu élastiques au taux de change. Par ailleurs, répondre à une monnaie sous-évaluée par une augmentation des droits de douane est inefficace.
Les consommateurs subissent la hausse des prix
Fruit d’une mécanique différente, «des droits de douane de 10% ne compensent pas nécessairement un taux de change de 10% plus apprécié (surévalué)». Pire, ce sont les producteurs et consommateurs domestiques qui supportent la hausse des prix. Aussi, cette augmentation sape la confiance des entreprises et de consommateurs, menaçant l’activité domestique. D’autant plus que «des droits de douane bilatéraux plus élevés ne réduiront probablement pas les déséquilibres commerciaux globaux car ils détournent principalement les échanges commerciaux vers d’autres pays». Enfin, les programmes d’achat visant à faire diminuer la valeur d’une monnaie ou la taxation d‘entrée de capitaux n’ont que peu d’effets sur les monnaies de réserve, comme le dollar ou l’euro.
Finalement, les trois économistes appellent à la coopération : «les pays avec un surplus et ceux déficitaires devraient s’attaquer aux sources de déséquilibres macroéconomiques et structurelles sous-jacentes plutôt que d’adopter des mesures inefficaces, voire contre-productives, telles que les droits de douane» notant qu’ils doivent «reconnaître qu’ils partagent la responsabilité de garantir une économie plus forte et plus équilibrée».
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