La Place de Paris dresse la liste de ses attentes vis-à-vis du futur Euronext
Le Trésor, qui veut doter la place financière de Paris d’une stratégie à 2020, ne part pas de zéro. Le comité des «utilisateurs de la Bourse» de Paris Europlace a déjà fait la liste de ses attentes vis-à-vis du futur Euronext, qui doit être séparé du groupe ICE/Nyse et coté autour de mai 2014. «Le retour à une meilleure proximité de la Bourse est un point essentiel pour les émetteurs, investisseurs, comme pour les régulateurs», résume le rapport issu des travaux coordonnés par Vivien Lévy-Garboua, et que L’Agefi s’est procuré.
Le futur Euronext devra être une «Bourse européenne de proximité (…) calibrée de manière à être reconnue au niveau international». Les principales interrogations des utilisateurs portent sur la rentabilité prévisionnelle et la taille critique du groupe, à l’heure où l’idée est toujours de constituer un noyau dur d’environ 25% du capital. «Si le marché classique - réglementé ne lui permet pas d’atteindre cette masse critique par croissance organique, il sera nécessaire qu’Euronext se développe comme portail de marchés multifonctions», souligne le rapport. Celui-ci suggère deux pistes: la filière obligataire, en complément de BondMatch, et les dérivés OTC en cours de standardisation, «pour lesquels des MTF ad hoc seraient à développer». Il prône également la poursuite des efforts de réduction de coûts.
Le document insiste aussi sur l’importance de la filière post-marché, avec la présence à Paris de Clearnet SA et les filiales de banques (BP2S, Caceis et SGSS).
La gouvernance du futur Euronext fait l’objet d’un chapitre spécifique. Les utilisateurs valident le modèle fédéral (Paris, Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne) mis à mal selon eux par «la centralisation excessive des décisions au niveau de la holding» et «l’absence de dialogue réel». En terme de capital, tout en écartant l’hypothèse d’une coopérative, «un rapport 70% utilisateurs / 30% investisseurs pourrait être un bon équilibre». Les premiers pourraient être liés dans une société holding ou par un pacte d’actionnaires. Au conseil, «le bloc stratégique-utilisateurs devrait avoir un poids déterminant», préconise le rapport.
Ce dernier prône enfin la création de comités consultatifs d’utilisateurs, au niveau de la holding et de chaque marché, qui auraient leur mot à dire sur les tarifs, la structure des indices ou les pratiques de cotation.
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