La montée du protectionnisme menace la croissance de l’économie mondiale
Derrière le maintien des prévisions de croissance mondiale de l’OCDE à 3,3% cette année et à 3,6% en 2018, après 3% l’an dernier, se cachent disparités et inquiétudes accrues. Si l’institution constate dans son rapport publié hier une amélioration du commerce mondial par rapport à ses dernières prévisions de novembre dernier, elle déplore néanmoins la montée de programmes protectionnistes dans certains pays, notamment les Etats-Unis. La volonté affichée par Donald Trump de pénaliser les échanges par l’introduction de tarifs douaniers conduit l’OCDE à maintenir «un biais baissier» sur ses prévisions du fait d’une possible réponse des entreprises à ces nouvelles contraintes par une hausse des prix et par une baisse des exportations.
A cela s’ajoute le durcissement du cycle de resserrement des conditions monétaires de la Fed depuis le début d’année qui menace les pays émergents les plus endettés en dollar, notamment la Turquie et le Mexique avec une dette externe pesant environ 50% de leur PIB respectifs. Si la livre turque et le peso mexicain ont le plus souffert, les devises émergentes ont en moyenne bien résisté à la hausse des taux américains depuis l’élection de Donald Trump en effaçant les trois quarts de leur chute de 5,5% enregistrée en novembre face au dollar. Cette résistance a notamment permis à l’Inde, la Russie, l’Afrique du Sud ou au Brésil de voir leurs taux d’inflation reculer à 1,9%, 5%, 6,8% et 5,4% en janvier tout en s’engageant dans des politiques monétaires plus accommodantes.
«Le rebond du prix des matières premières et la baisse de l’inflation soutiennent la sortie de récession au Brésil et en Russie», où une brèche s’est ainsi ouverte pour mener des politiques monétaires plus accommodantes, estime ainsi l’OCDE. Les chiffres publiés hier montrent une contraction du PIB brésilien plus forte que prévu de 0,9% au dernier trimestre 2016, soit -3,6% sur l’année. Et l’OCDE n’entrevoit qu’un PIB stable en 2017 et une faible amélioration du déficit public, à environ 9% du PIB. Les économistes attendent les effets de l’amorce de l’assouplissement monétaire entamé par la banque centrale. Si cette dernière a baissé le taux Selic de 200 pb depuis octobre, pour le ramener à 12,25%, Natixis anticipe une «accélération du rythme de baisse des taux directeurs à court terme».
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