La moitié du marché actions européen échappe aux bourses traditionnelles
L’une des raisons à la fusion de Nyse Euronext et de Deutsche Börse tient à la concurrence farouche que se livrent les opérateurs boursiers sur les marchés actions au comptant. En perte de vitesse, les Bourses traditionnelles devraient enfoncer un nouveau palier cette année. Pour la première fois, les acteurs historiques traiteront en 2011 moins de la moitié des volumes sur le cash actions en Europe, selon une étude de Morgan Stanley et d’Oliver Wyman. Leur part de marché, qui atteignait encore 70% en 2008, est déjà tombée à 52% l’an dernier.
Les plates-formes multilatérales de trading (MTF) et les bassins de liquidité opaques poursuivront, eux, leur montée en puissance, avec 25% et 8% des volumes respectivement. Pour autant, le rythme de croissance des MTF devrait ralentir. Leur succès des dernières années s’est en effet nourri de leur capacité à attirer les plus gros courtiers et les acteurs du trading haute fréquence grâce à des tarifs très bas. Leur revenu moyen par rapport aux volumes traités est de 0,1 point de base, contre 0,7 pb pour les Bourses traditionnelles, selon les auteurs de l’étude. «La capacité des MTF à attirer les courtiers de deuxième niveau (les tier 2) servira de catalyseur au recul de la part de marché des opérateurs historiques sous les 45%», estiment Morgan Stanley et Oliver Wyman.
La banque d’affaires et le cabinet de conseil prévoient par ailleurs une baisse supplémentaire de 10% des revenus des Bourses historiques d’ici à 2012, après la chute de 20% enregistrée entre 2008 et 2010. Des anticipations qui ne prennent cependant pas en compte Nyse Euronext. BME, la Bourse espagnole, est la plus en risque, même si la structure et le coût du post-marché en Espagne ont pour l’instant freiné l’expansion des MTF dans le pays.
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