La livre sterling prend la mesure du risque de Brexit
L’entrée dans la course du populaire maire de Londres Boris Johnson a fait chuter la livre face au dollar à des niveaux qui n’avaient pas été atteints depuis 2009.
L’entrée du populaire maire de Londres, Boris Johnson, dans la campagne en faveur d’une sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne (UE) ce week-end, fait tanguer la livre. La devise britannique perdait hier près de 1,8% face au dollar pour tomber à un niveau qu’elle n’avait pas connu depuis 2009. La parité dollar/livre terminait à 0,70 en fin de journée. La devise britannique se dépréciait aussi face à l’euro de plus de 0,7% et la parité euro/livre finissait la séance à 0,77. Depuis le début de l’année et dans la perspective du Brexit, la livre a perdu plus de 5,5% face à la monnaie unique.
Ce week-end, les chefs d’Etats européens ont trouvé un accord sur ce que pourrait être le nouveau rapport de forces entre la Grande-Bretagne et l’UE si les britanniques choisissent de rester dans cette dernière. Dans la foulée, le premier ministre britannique, David Cameron, a confirmé que le référendum sur le Brexit se tiendrait le 23 juin prochain et les membres de son équipe ont pris position. Six ministres ont décidé de faire campagne pour le Brexit, dont le ministre en charge de la justice, proche de David Cameron, Michael Gove.
« Le marché s’inquiète que Boris Johnson soit capable de devenir chef de file de la campagne en faveur de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne alors que ses membres sont aujourd’hui divisés. Cela pourrait aujourd’hui faire pencher la balance en faveur d’un vote de sortie », écrivent les stratégistes change de BNP Paribas. « Les marchés vont devenir de plus en plus nerveux sur cette question [du Brexit]» prévient la recherche économique de Citi, pour qui la probabilité d’un Brexit est passée à 30-40%.
La Bourse de Londres, n’a cependant pas réagi négativement aux événements politiques de ce week-end. Hier, le FTSE 100 terminait en hausse de 1,10%. La dette souveraine britannique se détendait quant à elle de quelques points de base à 1,39%.
Dans une note publiée hier, l’agence de notation Moody’s a cependant expliqué qu’un Brexit serait négatif pour la notation de la dette du pays, aujourd’hui de Aa1. L’agence estime que « les coûts économiques d’une décision de sortie seraient supérieurs à ses bénéfices économiques ». L’agence redoute notamment que les exportations britanniques puissent souffrir, à moins d’un accord commercial avec l’UE satisfaisant. Par ailleurs, la période d’incertitude qui suivrait probablement un vote de sortie, « pèserait sur l’investissement ».
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Les décisions politiques augmentent les risques sur l’inflation et les taux courts. La croissance de l’IA et la défiance générale, synonyme de prime de terme, se retrouvent dans les anticipations sur les taux longs. Résultat, l’administration Trump paraît loin de pouvoir tenir ses promesses sur le niveau des taux.
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