La justice se prononcera sur la sauvegarde de Cœur Défense le 19 janvier
Les créanciers de Cœur Défense n’ont pas encore dit leur dernier mot. Certes, en mars dernier, le vent a tourné en leur défaveur après que la Cour de cassation a cassé l’arrêt de la cour d’appel de Paris, qui avait annulé l’ouverture de la procédure de sauvegarde sur les sociétés propriétaires de Cœur Défense treize mois auparavant. Mais, tout en reconnaissant la légitimité des débiteurs à lancer une procédure de sauvegarde, en réaction à la faillite de Lehman Brothers fin 2008, la Cour de cassation a donné aux créanciers une lueur d’espoir en jugeant recevable leur tierce opposition à l’ouverture de la procédure, renvoyée devant la cour d’appel de Versailles.
Cette nouvelle possibilité offerte aux créanciers avait alors été saluée par les spécialistes puisque, jusqu’alors, une telle contestation avait seulement été jugée recevable pour les créanciers étrangers d’Eurotunnel. En novembre 2008, le placement sous sauvegarde de l’immeuble Cœur Défense avait soulevé la question de la qualité de la protection juridique offerte par le système français aux créanciers dans les financements structurés.
C’est donc sur la question de l’ouverture de la procédure de sauvegarde que la cour d’appel de Versailles devrait rendre sa décision le 19 janvier prochain. Plusieurs scénarios sont possibles. Elle peut lever la sauvegarde sur les deux sociétés concernées, Hold, la propriétaire, et Dame, sa maison-mère luxembourgeoise, ou sur l’une des deux seulement, ou confirmer les deux sauvegardes. L’avocat général s’est prononcé en faveur de cette dernière option en novembre dernier.
Si telle est effectivement la décision de la cour d’appel, la gestion financière de l’immeuble situé à La Défense (92), valorisé 2,1 milliards d’euros en 2007, restera inchangée, et donc pilotée à vue. Le fonds commun de titrisation qui avait financé l’acquisition du bien à hauteur de 1,6 milliard, reverse à Hold, la société propriétaire, les sommes nécessaires à la gestion de l’immeuble, dans le cadre d’un accord de cash management renouvelé tous les trois mois.
Par ailleurs, le plan de sauvegarde, établi en septembre 2009, est suspendu depuis février 2010 sur décision de justice. En cas de confirmation de la sauvegarde le 19 janvier prochain, la question du plan lui-même pourrait donc à son tour se retrouver devant les tribunaux.
Plus d'articles du même thème
-
BlackRock gère 60 milliards d'euros en France
Cette année, BlackRock célèbre ses vingt ans de présence en France. « Un moment important pour nous », a souligné Estelle Castres, directrice générale de BlackRock France, lors d’une rencontre avec la presse. L’occasion de dresser un bilan. -
Rcube Asset Management obtient son agrément MiCA
La société de gestion alternative française Rcube AM, qui s’est lancée dans les actifs numériques à la fin des années 2010, a déjà deux équipes de gestion de stratégies cryptos sur sa plateforme. -
State Street IM signe un accord de distribution avec Directa Sim pour ses ETF
La plateforme italienne de trading en ligne va donner accès aux ETF de State Street sans frais de commissions.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
Troisième acteCumul emploi-retraite 2027 : les 5 erreurs à ne pas commettre avant la bascule
Chaque semaine, avec l’Opinion, retrouvez les conseils d’Emmanuel Grimaud, président de Maximis et expert en gestion des fins de carrière pour mieux gérer votre troisième partie de vie professionnelle -
Déjà demainComment les robots et les agents IA vont remodeler l'organisation des entreprises
Dans son livre blanc, le cabinet de conseil rappelle que plus de 80 % des entreprises ont déployé de l'IA, mais que moins de 6 % constatent un impact positif sur leur compte de résultat -
MurClimat : l’Etat navigue à vue face au gouffre financier de l'adaptation
Seul 1,7 milliard d’euros d’argent public est explicitement dédié à l’adaptation de la France au réchauffement climatique. D'autres politiques y contribuent indirectement, mais il faudrait rajouter des dizaines de milliards d'euros