La hausse du prix du brut paraît favorable aux scissions dans le pétrole
L’intégration verticale des compagnies pétrolières s’est renforcée au cours de la décennie 1995-2005 à travers des fusions de grande ampleur, dans un contexte de faiblesse des prix du brut qui poussait à la rationalisation des dépenses d’exploration-production. Mais la hausse des cours du pétrole depuis quelques années a conduit en 2011 des compagnies américaines comme ConocoPhilips ou Marathon Oil à séparer leurs activités amont et aval. «Le ratio de valeur d’entreprise sur excédent brut d’exploitation des majors s’établit en-dessous de celui des producteurs indépendants», relève Deloitte dans son étude sur les tendances 2012 du secteur de l’énergie et des ressources (voir graphique).
Ceci suggère une création de valeur plus importante de la part des «pure players» américains comme Apache ou Devon Energy, qui ne sont pas confrontés aux problèmes liés à l’allocation du capital entre différents secteurs d’activité. Les succès remportés dans leurs opérations de prospection suscitent de plus l’intérêt grandissant des groupes chinois en quête de réserves d’hydrocarbures. Les experts de Deloitte tablent donc sur «une augmentation des scissions au sein des compagnies pétrolières intégrées au cours des deux à trois prochaines années», notamment pour celles qui affichent une faible croissance organique et dont la structure de bilan est plus fragile comme BP ou Eni.
Les marges très faibles dans le raffinage en Europe et l’intensité capitalistique élevée de cette activité rendent cependant peu viables des acteurs indépendants dans l’aval pétrolier dans la région, comme le prouvent les problèmes de Petroplus. La maturité insuffisante des activités développées par les compagnies intégrées dans les énergies renouvelables et la valorisation délicate de leurs actifs de transport maritime pourraient constituer d’autres freins à ce mouvement de scission.
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