La FSA se livre à un mea culpa timide dans le scandale du Libor
On n’est jamais si bien servi que par soi-même. Appelée à examiner son rôle dans la gestion du dossier du Libor entre 2007 et 2009, l’autorité des marchés britannique, la FSA, s’est livrée hier à une molle autocritique. Oui, elle aurait pu se montrer plus réactive dans l’analyse des informations dont elle disposait pour détecter les manipulations du taux interbancaire auxquelles se sont livrés certains établissements. Non, elle n’a pas commis de défaillance majeure dans son rôle de supervision, selon l’audit diligenté par ses soins, comme cela avait pu être le cas dans les dossiers Northern Rock ou RBS.
Le scandale de la manipulation du Libor, qui a éclaté au grand jour en 2012 avec la condamnation de Barclays, a poussé la FSA à lancer un audit sur ses activités. Quelque 97.000 documents couvrant la période janvier 2007-juin 2009, là où le gros des manipulations s’est produit, ont été passés en revue.
«La FSA, à tous les niveaux de direction, était au courant de la sévère dislocation sur le marché du Libor entre l’été 2007 et le début 2009, indique le rapport. Cependant, cette dislocation reflétait les conditions de marché, et se serait produite même sans manipulation (low-balling).» Trop concentrée sur son rôle de gestion de la crise financière, l’autorité aurait dû considérer la probabilité qu’une manipulation se déroulait, en prenant en compte l’ensemble des informations dont elle disposait.
Mais, souligne-t-elle, «sur la période considérée, il n’y a aucune preuve que la FSA avait en main des informations, directes ou indirectes, indiquant que des traders manipulaient le Libor à leur profit.» Autre circonstance atténuante: la surveillance du processus d’élaboration des taux, laissé à la main des banques à travers la British Bankers’ Association (BBA), ne faisait pas partie des missions de surveillance du gendarme des marchés.
Cette responsabilité devrait désormais incomber à la Banque d’Angleterre, qui va se substituer à la FSA, laquelle disparaîtra le 1er avril. Les autorités cherchent désormais à mettre en place un nouvel organe de supervision du Libor, après que la BBA a renoncé à cette responsabilité. En revanche, il n’est pas question à ce stade de remplacer le taux par un autre indicateur des conditions de financement interbancaire.
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