La France pâtit de la revalorisation du risque en zone euro
La perspective de l’élection présidentielle en France suscite l’inquiétude des marchés. L'écart de rendement entre l’OAT française à 10 ans et le Bund allemand s’est en effet élargi de 28 pb depuis environ un mois pour atteindre 55 pb, son plus haut niveau depuis mars 2014. La partie 2 ans a également été touchée malgré la politique accommodante menée par la BCE, avec un spread entre les titres français et allemands qui s’est ainsi écarté d’environ 15 pb sur la période pour atteindre environ 15 pb. Hormis un épisode en juin, il s’agit de son plus haut niveau depuis mai 2014.
La France s’éloigne ainsi des pays cœurs de la zone, avec un rendement français à 10 ans qui s’est aussi écarté des titres néerlandais à hauteur de 20 pb depuis un mois, à un niveau de 37 pb.
«Un risque politique surévalué»
SG CIB estime néanmoins que le spread de l’OAT contre Bund devrait plafonner à un niveau de 75 pb, avant de revenir vers ses niveaux de long terme. Si les OAT ont dégagé une moins bonne performance que les titres des pays cœurs de la zone euro, elles ont en revanche fait mieux que les pays périphériques. Le spread de l’OAT contre les BTP italiens à 10 ans s’est écarté de 24 pb depuis un mois avec le risque de «non» au référendum italien de dimanche, mais également contre les obligations espagnoles, à hauteur de 10 pb depuis le 10 novembre.
«Le risque politique en France est surévalué à ce jour et le spread OAT-Bund ne s’est vraiment élargi qu’après l’élection de Trump, moment qui ancre définitivement le risque politique au cœur des préoccupations des marchés», estime Louis Harreau, économiste chez CA CIB.
Dans un contexte de très forte remontée des taux liée en partie au rebond des anticipations d’inflation depuis l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis en début novembre, mais aussi au retour du risque politique en zone euro avec des échéances électorales clés au cours de l’année 2017 en France et en Allemagne, les pays périphériques ont été les plus touchés. Résultat: à 1,06, la monnaie unique a ainsi poursuivi son mouvement de repli hier face au dollar et n’est plus qu’à 1% de ses plus bas enregistrés au mois de mars 2015. Or, «le risque politique qu’un parti eurosceptique arrive au pouvoir et menace l’appartenance du pays à la zone euro est typiquement celui auquel la BCE ne peut pas faire face», rappelle Louis Harreau.
Plus d'articles du même thème
-
L’inquiétante correction des marchés de taux
Les facteurs de risque s’enchaînent pour faire monter les taux longs un peu partout dans le monde. Et s’il est davantage question de désorientation du marché que de véritable krach obligataire, il reste difficile d’anticiper une inversion du mouvement. -
Les pays émergents ont gonflé la dette mondiale
L’endettement mondial a atteint au 30 juin 2026 un nouveau record de 365.000 milliards de dollars, sous l’impulsion des entreprises et des Etats, selon l’IIF. La hausse des taux accroît les dépenses d’intérêt et mécaniquement la dette. Elle devrait continuer de progresser en raison des besoins d’investissement dans les secteurs stratégiques. -
Les assureurs ont orienté leurs achats vers la dette longue en 2025
Le bilan annuel de la Banque de France et de l'ACPR montre que les assureurs et fonds de pension français ont allongé la maturité de leurs portefeuilles obligataires en 2025.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Elle pourrait « causer un milliard de morts » : Bill Gates appelle à une forte régulation de l'IA dans les mois à venir
« Aucune arme ne s’est avérée aussi puissante que des outils d’IA avancés utilisés par des individus malintentionnés », a assuré Bill Gates, ancien patron de Microsoft, dans une interview à NBC News, qui doit paraître dimanche 27 septembre -
La Fabrique de l'OpinionPrésidentielle : « La modération est devenue inaudible »
Face à une succession de crises, la quête de protection des Français bouscule le jeu politique, poussant les partis traditionnels à imiter les extrêmes à l'approche du scrutin -
Crise des carburants : d'où vient le gazole que consomment les Français ?
Une éventuelle décision de Donald Trump de stopper les exportations américaines de pétrole raffiné fait craindre à la France, qui importe la moitié de son diesel, une flambée des prix qui pourrait atteindre 3,90 euros le litre