La France émettra 114 milliards d’euros de dette nouvelle en 2022
Le besoin prévisionnel de financement pour la France atteindra 292,7 milliards d’euros en 2022, a indiqué mercredi l’Agence France Trésor (AFT) à la suite de l’adoption en Conseil des ministres du projet de loi de finances pour 2022.
Ce besoin de financement résulte d’un déficit budgétaire de 143,4 milliards (en baisse de 54,2 milliards) et de 149,8 milliards d’amortissement de dette à moyen et long terme venant à échéance en 2022. La reprise partielle de la dette de SNCF Réseau ajoutera par ailleurs 3,1 milliards d’euros d’amortissements de dette à financer par l’État en 2022.
Programme à moyen et long terme inchangé
Ce besoin de financement sera couvert par un programme d’émission de titres d’État à moyen et long terme à hauteur de 260 milliards d’euros net des rachats, un montant équivalent à 2020 et 2021, réparti entre 113,7 milliards d’émissions de dette nouvelle et 146,3 milliards d’amortissement de dettes. Ce montant est en nette progression en raison de l’arrivée à échéance des dettes émises au moment de la crise de la zone euro. La hausse de l’encours de dette court terme (BTF) sera de nouveau limitée à 5 milliards, comme en 2021. La contribution du solde du compte du Trésor s’élèvera à 22,3 milliards.
La charge budgétaire de la dette est prévue à 38,4 milliards d’euros, dont 0,8 milliard d’euros de charges d’intérêt sur la dette partiellement reprise de SNCF Réseau, un montant identique à 2021.
Les détails du programme de financement moyen et long terme pour 2022 seront communiqués en décembre 2021.
Baisse du déficit
Parmi les bonnes nouvelles de 2021, la reprise de la croissance plus rapide que prévu a permis de réduire le déficit à financer de 220,1 milliards (dans la loi de finance révisée en juillet) à 197,6 milliards, et donc le besoin de financement de 338,3 milliards à 313,5 milliards.
L’Etat a choisi, pour compenser ce mouvement, de réduire l’encours net de BFT de 19,5 milliards initialement prévus à 5 milliards, et également sa ponction du compte du Trésor (de 48,4 à 32,8 milliards). Sachant que les très bonnes conditions de financement de la France sur les neuf premiers mois de cette année (-0,06 % sur les dettes à moyen-long terme) ont permis, via les primes à l’émission, de générer d’autres ressources de trésorerie à hauteur de 11,8 milliards (contre 6,5 milliards prévus dans la loi de finance révisée pour 2021).
La reprise de l’activité et l’amélioration de la situation sanitaire ont aussi permis de réduire les dépenses du Plan d’urgence de 7,8 milliards pour 2021, somme essentiellement affectée à la réduction du déficit. Le ratio dette/PIB devrait donc atterrir à 115,6% en 2021, puis à 114% a priori en 2022.
Cantonnement de la dette Covid
Concernant le budget défendu mercredi par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, il se montera à 454,6 milliards pour 2022 (après 494,8 pour 2021), dont 385 milliards de budget général, pour 310 milliards de recettes. Il s’entend hors le Plan d’investissement sur dix ans que le gouvernement doit annoncer dans les prochaines semaines, et hors les mesures récemment décidées pour les jeunes.
Une nouveauté portera sur la mise en place d’un système de cantonnement de la dette Covid, un programme budgétaire de 165 milliards qui reviendra à la rembourser sur 20 ans à partir de 2022, « par le fruit de la croissance dont résulteront les surcroîts de recettes, et non par des hausses d’impôts », assure Bercy. L’idée : extraire chaque année du budget à cet effet une fraction (de l’ordre de 6%) des recettes dégagées au-delà de leur niveau de 2020…
Plus d'articles du même thème
-
Le déficit public britannique est au plus bas depuis 2020
Le déficit 2025-2026 a diminué à 4,3%, soit près d’un point de pourcentage en moins sur un an, grâce à un niveau de recettes plus élevées. Mais le conflit au Moyen-Orient met les finances publiques britanniques sous pression. -
La France évalue le coût économique de la guerre en Iran à plus de 4 milliards d’euros
Le ministre de l’Economie et des Finances a réuni mardi plusieurs ministres avec le Comité d’alerte des finances publiques créé en avril 2025. Ce comité conclut que les recettes fiscales liées au carburant pourraient à peu près couvrir les aides déjà annoncées. Mais pas le coût économique total lié à la remontée de l’inflation, au ralentissement de la croissance et à la charge de la dette, évalué à 4,4 milliards d’euros. -
La nouvelle obligation verte de la France profite de l’accalmie sur les marchés
La France a attiré près de 115 milliards d’euros de demandes pour sa nouvelle souche green bond de 10 milliards échéance 2037. Il s’agit de la première transaction de l’une des quatre grandes économies de la zone euro depuis début mars.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Bouygues Telecom, Orange et Iliad engagent une consolidation historique des télécoms
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Bouygues, Free et Orange entrent en discussions exclusives pour racheter SFR
Contenu de nos partenaires
-
VerrouLe RN à l’assaut du front syndical
Après avoir courtisé les patrons, le Rassemblement national tente de forcer la porte des syndicats. Mais le rééquilibrage se heurte à une défiance tenace -
En Allemagne, l'AfD plébiscitée par les ouvriers, tenue à distance par les syndicats
La formation d'extrême droite sait exploiter les craintes pour l'emploi suscitées par les mutations de l'industrie -
PépiteIndustrie pharmaceutique : l’OPA à 2,5 milliards de dollars de Servier sur une biotech américaine
Le deuxième groupe pharmaceutique français a annoncé jeudi avoir finalisé l’acquisition de Day One Biopharmaceuticals, spécialisé dans l'oncologie