La Fed va maintenir son cap face à la montée des incertitudes
Sa réunion se soldera mercredi par une nouvelle hausse de taux, mais un vif débat s’installe sur la politique monétaire.
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Patrick Aussannaire
La réunion du FOMC, sous la présidence de Jerome Powell, se tient les 12 et 13 juin.
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Crédit Fed.
La Fed procédera à la septième hausse de ses taux Fed funds depuis le lancement de son processus de resserrement monétaire au cours de la réunion du FOMC, qui s’achèvera mercredi soir. Le niveau cible des Fed funds sera ainsi porté à la fourchette 1,75-2%. Le taux IOER sur les réserves excédentaires sera quant à lui relevé de 20 pb à 1,95%, conformément à l’ajustement des outils monétaires de l’autorité annoncé dans les minutes de sa dernière réunion, et destiné à rétablir son contrôle sur la partie courte de la courbe des taux. Si ces mesures sont déjà totalement intégrées par les marchés, ceux-ci attendent surtout de nouvelles précisions sur l’évolution des prévisions d’activité et d’inflation par les membres du FOMC, ainsi que sur le rythme de resserrement dans les prochains mois.
Or, le vif débat qui s’est installé depuis plusieurs mois entre membres du FOMC concernant le niveau du taux d’intérêt neutre à long terme - estimé entre 2,25% à 3,5% selon les avis - traduit le haut degré d’incertitude actuel sur le risque d’erreur de politique monétaire. Certains jugent ainsi que la remontée des taux a déjà été trop forte, compte tenu de la faible inflation et des risques croissants pour l’activité, alors que le camp des faucons prévoit le retour d’effets de second tour sur l’inflation liés à la faiblesse du taux de chômage, qui placerait la Fed en retard sur le cycle. «Sans un ajustement à la hausse du taux neutre, le rendement américain à 10 ans ne pourra pas monter bien au-delà des 3%, correspondant à peu près à l’estimation actuelle du taux de la fin de cycle de la Fed, de 2,875%», explique SG CIB.
Malgré des chiffres décevants au premier trimestre, l’indiceGDPnow de la Fed d’Atlanta calculé sur la base de données récentes, montre un rythme annuel de croissance de 4,8%. La Fed de New York l’estime à un rythme inférieur, mais solide, de 3,3%. «L’économie, qui croît déjà au-dessus de son potentiel, va connaître une nouvelle accélération avec les baisses d’impôts, ce qui compte tenu d’un chômage déjà très bas devrait conduire à une accélération des hausses de salaires et à une remontée de l’inflation», prédit BNP Paribas. Les créations d’emplois se poursuivent malgré un taux de chômage à 3,8%, avec un nombre d’emplois vacants dépassant pour la première fois celui des chercheurs. Les taux d’inflation globale et sous-jacente ont déjà augmenté à des niveaux de 2,5% et de 2,1% tous deux supérieurs à l’objectif de la Fed.
Le taux d’inflation annuel s’est maintenu aux Etats-Unis en juillet pour le 65e mois consécutif bien au-dessus de l’objectif de 2% de la Réserve fédérale (Fed), le taux mensuel remontant même de 0,1% à 0,2% de manière inattendue. Cela ne devrait toutefois pas inciter la Fed à resserrer sa politique monétaire dans l’immédiat.
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