La Fed se montre déjà plus «faucon» dans ses prévisions
Un durcissement monétaire plus fort que prévu aux Etats-Unis, lié à la grande rotation des membres du Comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed, constitue l’un des risques les plus importants pour les investisseurs en cette nouvelle année. Si sur les cinq membres des Fed régionales qui siégeaient au FOMC en 2017, quatre étaient considérés comme colombes et un plus modéré, il devrait désormais abriter deux faucons, deux modérés, pour une seule colombe. Avec l’arrivée de Jerome Powell à la tête de la Fed, qui devrait assurer la continuité de Janet Yellen, Randal Quarles et Marvin Goodfriend, ont été nommés au Board par Donald Trump et considérés comme modérés. Ils rejoindront Lael Brainard, colombe nommée par Barack Obama, ce qui laisse encore trois sièges vacants à combler.
«Un risque sous-estimé pour 2018 provient d’une Fed plus ‘hawkish’ que prévu, les marchés escomptant actuellement deux hausses de taux supplémentaires (avec une probabilité de 60% sur les contrats de Fed funds), la possibilité de voir au moins trois hausses en 2018 pourrait déstabiliser le marché, surtout si elles sont mal communiquées», alerte Oxford Economics. SG CIB estime ainsi le degré de faucons parmi les membres du FOMC dans sa composition actuelle à un niveau de 3,25 sur une échelle de 5, alors qu’il était de 2,2 précédemment. Outre leur droit de vote aux décisions de politique monétaire, les membres du FOMC ont également pour rôle de définir régulièrement leurs prévisions des taux Fed funds de manière trimestrielle, les «dots», qui signalent au marché le rythme anticipé de resserrement.
Or, les dernières dots publiées à la réunion du FOMC mi-décembre à l’occasion de la dernière hausse de taux sous l’ère Janet Yellen ont révélé que les membres anticipent trois hausses en 2018, et deux autres en 2019, avec un relèvement de leur prévision moyenne de 0,2 point en 2020 pour les porter à 3,10%. Si cet ajustement est modeste, il indique déjà un durcissement de perspectives, 11 participants sur 16 aux dots voyant un taux d’au moins 3% fin 2020, contre 6 en septembre, son niveau étant désormais supérieur de 30 pb à l’estimation actuelle du taux de fin de cycle de 2,80%. La révision du taux final à la hausse exercerait une pression sur les rendements américains à long terme, alors que les effets de la réforme fiscale sur la croissance et l’inflation devraient commencer à se faire sentir à partir de fin 2018.
Plus d'articles du même thème
-
«Les projections d’inflation militent pour une action incertaine mais limitée sur les taux Fed»
Olivier Guillou, directeur de la gestion chez Ecofi. -
Kevin Warsh a plutôt rassuré les marchés
Le nouveau président de la Fed n’a pas déçu les attentes d’une hausse de taux après son revirement «restrictif» de Jackson Hole. De quoi renforcer sa crédibilité malgré les tweets toujours contradictoires de Donald Trump. Les autres membres du FOMC affichent encore pour la suite une certaine prudence, qui devrait quand même les amener à une hausse de taux supplémentaire jusqu’à 4,25%. -
Les rachats de Scott Bessent se heurtent à la réalité des bons du Trésor américain
Après avoir annoncé le 19 août sa volonté de racheter davantage de bons du Trésor de maturité longue, le secrétaire au Trésor a dû tenter de rassurer après une première opération de ce type plutôt ratée le 10 septembre. Les experts s’attendent à ce que le Trésor supprime ses adjudications sur les titres à 20 ans entre début novembre et début février.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Les banques ne seront pas désintermédiées, elles seront tokenisées
- La Fed sort de l'ambiguïté en remontant ses taux
Contenu de nos partenaires
-
Le bon grain de l'ivraieComment Bruxelles renchérit le prix des carburants (et de l’acier)
Entre exigences écologiques intenables et flou juridique, une réforme de la Commission européenne augmente l'insécurité des importateurs et pèse lourdement sur la facture énergétique -
Crise de Ceuta : Pedro Sánchez met en cause le Maroc pour la première fois et appelle à la solidarité européenne
Depuis New York, le dirigeant espagnol a confirmé pour la première fois que des défaillances avaient eu lieu du côté des garde-frontières marocains -
« Le Hamas n'a jamais sévi en Cisjordanie » : le discours intégral d’Emmanuel Macron à l’ONU
A l’occasion de son dernier discours à l’ONU en tant que président français, Emmanuel Macron a promu le multilatéralisme et a alerté sur le danger du retour des guerres et de la polarisation