La Fed se montre déjà plus «faucon» dans ses prévisions
Les dernières dots de décembre dévoilent un renforcement des perspectives de hausse de taux, avant même l’entrée en scène du nouveau comité de politique monétaire.
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Patrick Aussannaire
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Crédit Fed.
Un durcissement monétaire plus fort que prévu aux Etats-Unis, lié à la grande rotation des membres du Comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed, constitue l’un des risques les plus importants pour les investisseurs en cette nouvelle année. Si sur les cinq membres des Fed régionales qui siégeaient au FOMC en 2017, quatre étaient considérés comme colombes et un plus modéré, il devrait désormais abriter deux faucons, deux modérés, pour une seule colombe. Avec l’arrivée de Jerome Powell à la tête de la Fed, qui devrait assurer la continuité de Janet Yellen, Randal Quarles et Marvin Goodfriend, ont été nommés au Board par Donald Trump et considérés comme modérés. Ils rejoindront Lael Brainard, colombe nommée par Barack Obama, ce qui laisse encore trois sièges vacants à combler.
«Un risque sous-estimé pour 2018 provient d’une Fed plus ‘hawkish’ que prévu, les marchés escomptant actuellement deux hausses de taux supplémentaires (avec une probabilité de 60% sur les contrats de Fed funds), la possibilité de voir au moins trois hausses en 2018 pourrait déstabiliser le marché, surtout si elles sont mal communiquées», alerte Oxford Economics. SG CIB estime ainsi le degré de faucons parmi les membres du FOMC dans sa composition actuelle à un niveau de 3,25 sur une échelle de 5, alors qu’il était de 2,2 précédemment. Outre leur droit de vote aux décisions de politique monétaire, les membres du FOMC ont également pour rôle de définir régulièrement leurs prévisions des taux Fed funds de manière trimestrielle, les «dots», qui signalent au marché le rythme anticipé de resserrement.
Or, les dernières dots publiées à la réunion du FOMC mi-décembre à l’occasion de la dernière hausse de taux sous l’ère Janet Yellen ont révélé que les membres anticipent trois hausses en 2018, et deux autres en 2019, avec un relèvement de leur prévision moyenne de 0,2 point en 2020 pour les porter à 3,10%. Si cet ajustement est modeste, il indique déjà un durcissement de perspectives, 11 participants sur 16 aux dots voyant un taux d’au moins 3% fin 2020, contre 6 en septembre, son niveau étant désormais supérieur de 30 pb à l’estimation actuelle du taux de fin de cycle de 2,80%. La révision du taux final à la hausse exercerait une pression sur les rendements américains à long terme, alors que les effets de la réforme fiscale sur la croissance et l’inflation devraient commencer à se faire sentir à partir de fin 2018.
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