La Fed pourrait progressivement changer de visage
La Fed pourrait être à l’aube de profondes mutations. La réunion du FOMC de mercredi a accueilli quatre nouveaux membres votants dans le cadre de la rotation annuelle des présidents de Fed régionales. Parmi ces nouveaux entrants, le président de la Fed de Chicago Charles Evans, pourtant considéré comme faisant partie du camp des faucons, s’est prononcé vendredi en faveur d’un «rythme de resserrement progressif des taux Fed funds vers leur niveau de long terme». La baisse du taux de chômage à 4,2% et le maintien d’un rythme de croissance à 2%-2,5% supérieur à son potentiel ne permettra pas à l’inflation de revenir vers son objectif avant deux ans. Or, les trois autres votants (Patrick Harker, Robert Kaplan et Neel Kashkari des Fed de Philadelphie, Dallas et Minneapolis) sont considérés comme modérés.
Dans ce contexte, la nouvelle composition du FOMC de 2017 est considérée comme «marginalement plus colombe» par Thomas Julien, économiste chez Natixis. Esther George de la Fed du Kansas a en effet voté à cinq réunions sur huit contre l’avis majoritaire des autres membres du FOMC en se prononçant pour une hausse de taux, Loretta Mester de la Fed de Cleveland à deux reprises, et Eric Rosengren de la Fed de Boston une fois.
Le sort de Janet Yellen
En revanche, avec deux sièges actuellement vacants au Board, le nouveau président Donald Trump, qui n’a pas hésité à critiquer à de nombreuses reprises les choix qui ont été faits par la Fed durant sa campagne, pourrait «choisir des candidats ayant un biais faucon et prônant une sortie rapide de la politique accommodante et réduire la taille du bilan», estime SG CIB.
Donald Trump devra également se prononcer sur le renouvellement des mandats de Janet Yellen et de son vice-président Stanley Fischer qui arrivent à terme en février et juin 2018. S’il ne semble pas vouloir reconduire Janet Yellen, «la procédure de nomination comprenant une confirmation au Sénat à majorité qualifiée implique quand même que les choix du président devront satisfaire la minorité démocrate de la Chambre haute», précise Thomas Julien.
Une autre incertitude provient de la volonté d’une frange conservatrice des républicains de réduire l’indépendance de la Fed. Un projet de loi (Audit the Fed) permettant un renforcement du contrôle du Congrès sur la Fed ainsi que l’imposition d’une règle stricte de politique monétaire réduisant les marges de manœuvre de la Fed a même déjà été proposé.
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