La Fed maintient le cap
En dépit des craintes récentes exprimées par le président Donald Trump sur les conséquences d’une hausse des taux sur la croissance américaine, le comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale (Fed) a confirmé hier soir, à l’issue de sa réunion mensuelle, qu’il maintiendrait le rythme de deux hausses des taux directeurs d’ici à la fin de l’année. Le FOMC, qui a laissé les taux inchangés hier, semble d’autant plus déterminé que cette position a été approuvée à l’unanimité de ses membres, y compris les deux représentants nommés par Donald Trump, le président Jerome Powell et le vice-président en charge de la supervision Randal Quarles.
Pour étayer sa position, le comité estime que l'économie «croît à un rythme élevé» (contre «solide» dans le communiqué du mois dernier), ajoutant que le taux de chômage «demeurait faible» – utilisant quasiment les mêmes éléments de langage qu’à l’issue desa réunion de juin.
Selon le CME Group, qui a analysé les contrats à terme sur les Fed funds, les investisseurs estiment désormais à 90% la probabilité que la Fed augmente les taux en septembre et en décembre. Sur les marchés actions, ils ont été davantage préoccupés par l’annonce de Washington sur la taxation à 25% de produits chinois. «La réunion du FOMC est un non-événement : pas de hausse et peu de modifications dans les éléments de langage, ce qui confirme les anticipations d’une hausse de taux en septembre. C’est pourquoi nous voyons peu d’incertitudes dans les perspectives de politique monétaire à court terme. Selon nous, la capacité de l’économie américaine à produire de la croissance sans pression inflationniste importante devrait conduire la Fed à poursuivre la normalisation progressive de la politique de taux d’intérêt», estime Thomas Julien, économiste pour les Etats-Unis chez Natixis.
Plus tôt dans la journée, le Trésor américain avait annoncé qu’il augmenterait le montant de ses émissions de dette à long terme à 78 milliards de dollars au troisième trimestre, contre 73 milliards au trimestre précédent, tout en inaugurant un nouveau billet de trésorerie à deux mois.
Il s’agit de la troisième hausse consécutive et le gouvernement a précisé qu’il allait recourir davantage à des bons présentant jusqu’à cinq ans de maturité. Le Trésor émettra 34 milliards de dollars à trois ans le 7 août (contre 33 milliards le mois dernier et 31 milliards en mai. Il a également accru à 26 milliards de dollars la vente d’obligations à 10 ans prévue le 8 août (contre 25 milliards au trimestre précédent) et à 18 milliards celle des bons à 30 ans le lendemain, soit un milliard de plus qu’en mai.
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