La Fed doit éclaircir ses perspectives monétaires pour 2017
Si la hausse des taux lors de sa réunion de mercredi semble acquise, les marchés anticipent 25 à 100 pb de resserrement supplémentaire en 2017.
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Patrick Aussannaire
Les investisseurs vont porter leur attention sur la Fed cette semaine.
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Bloomberg
Après la prolongation des rachats d’actifs de la BCE au moins jusqu’à fin 2017, les investisseurs vont porter leur attention sur la Fed cette semaine. Si une hausse des Fed funds de 25 pb à la réunion du FOMC qui se tient demain et mercredi semble désormais acquise, les perspectives pour 2017 sont en revanche nettement plus incertaines. L’élection de Donald Trump comme président des Etats-Unis a entraîné un fort mouvement d’ajustement des anticipations des hausses de taux.
Le marché à terme des Fed funds ne table plus qu’à 11% sur un statu quo sur l’année 2017 et à 30% sur 25 pb de resserrement supplémentaire. Il accorde en outre désormais une probabilité de 57% à des hausses d’au moins 50 pb, soit 46 points de plus qu’à début novembre, et de 24% à un rythme de 75 à 100 pb.
Amélioration des anticipations d’inflation
«La question délicate à laquelle devra répondre Janet Yellen à la conférence de presse concernera le changement des perspectives budgétaires aux Etats-Unis depuis l’élection de Donald Trump et ses effets sur l’économie», ajoute BNP Paribas. Le taux de swap inflation 5 ans dans 5 ans s’est repris de 50 pb depuis fin septembre pour dépasser les 2,5% pour la première fois depuis fin 2014. SG CIB estime que l’inflation devrait atteindre 2,8% fin 2017 et l’indice sous-jacent rester au-dessus des 2% avec la baisse du taux de chômage à 4,6%.
Avant même tout effet de la politique de Donald Trump, le rythme de hausse des salaires mesuré par la Fed d’Atlanta est remonté à un niveau proche de 4% qui n’avait pas été connu depuis 2007, même si celui du salaire horaire moyen reste sous les 3% (à 2,5%).
Cette amélioration des anticipations d’inflation a tiré les rendements à plus de 1,1% sur la partie 2 ans et à 2,4% sur le 10 ans, et a entraîné un mouvement de repentification de la courbe de 50 pb entre ces deux maturités depuis fin septembre, à un plus haut depuis un an de 140 pb. «Si les postures les plus agressives de Donald Trump sur la politique commerciale et de dépenses en infrastructures sont adoptées, les risques de dépassement de l’objectif d’inflation et de hausse des taux augmenteront sensiblement sur fond de risque baissier pour la croissance américaine», alerte Natixis.
Le rebond des rendements et du dollar de 6% face aux six autres principales devises et de 4% face aux devises émergentes depuis fin septembre pèse sur les conditions financières aux Etats-Unis qui deviennent plus restrictives.
Le taux d’inflation annuel s’est maintenu aux Etats-Unis en juillet pour le 65e mois consécutif bien au-dessus de l’objectif de 2% de la Réserve fédérale (Fed), le taux mensuel remontant même de 0,1% à 0,2% de manière inattendue. Cela ne devrait toutefois pas inciter la Fed à resserrer sa politique monétaire dans l’immédiat.
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